Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

288 IIISTOIRI~ SOCIALISTE des délits p,·,·nis "' l't'primés par la loi. ~]orin \'Oulait qu'elle fùt l'objet d'une Jt:gîslation sp(·riale "' q11'C'llr ft'it passiblr d'un châtiment, si elle recourait à la men ac<' f'I ù lïntimid:,tion: d'autres C'xigcaicnl qu·cllc tombàt sous le .,·oup dr la loi, ,< si elle Si' pl'oposait u11e chose injuste», question .qui ne pou,ait l~ll'c qu'une so111·,·e dt· d,:hats intrrminahlcs. Cc fut pOlll'lant l'opη nion qui pr,:,·alul <·I (JIil' l'ut chargé de défcnd1·c h· rnpportrur Huuhcr, ~1ais qui jugerait si la grè,·c ;nait<< un but mauvais))? Les tribunaux? 11s auraient donc ù dCcla1·c1· si le s:1lairc était ou 11011s11ffi~an1, si le règlement d'atclie1· était ou non trop s{',-('rc. 011 11c niait pas lïncompélcncc certaine des juges; mais on iljoutait qur la liberté dL"'seoalitions serait le suicide de l'industrie. Le projet dt-. dCrl'rl conlenait q11elqt1C' diminution des peines pour les rncuc111·s 011 moteurs: il s'.ippliquail aux ou,Ticrs de la campagne dont jusqu·alol's il n·l·tait pas rail mr11tio11. Corbon 1 ~loriu, \Volowski soutinrent qu·en prohibant it la fois les <·oali1ions cJ'o1nTie1·s cl les coalitions de patrons on n'établissait qu·unr égalité apparente; que les maitres n·a,·aient pas besoin dr s.c n~uuir pou1· s'entendre: qu'ils étaient, suivant l'expression d'.\dam Smith. en ,·lat de coalition permanente,; qu'ils n'étaient jamais atteints par 1< rcs lois dr hronzr )J' tandis qu'ou cnlc,·ait aux ouvriers leur seul moyen de l11llcr, leur at·111c un mol qui suscita des rumeurs indignées). ccToul Ir passé d'opp1·cssion. s'écl'ia l'ouvrier Benoit, se l'cconstituc pièce par pièce et bicnlc\t _la Ili-publique ne sera pour le peuple qu'un rè\-e, un souvenir. )> :\lais les partisans <lu statu quo affirmaient que la liberté en pareillr 111alil·1·c serait prf•judiciablc aux ouvrÎCl'S comme aux patrons, parce qu'elle amènerait la ruine df' l'industrie, peut-èu·e une grève générale en vue de change,· la base de la société, en tont cas la formation de deux armées se mesurant du ,·cgard en attcndllnl le combat qui les mettrait aux prises. Ils se rcfusaicnl ù rayer du Code « la flélrissu,·e » infligée aux coalitions, ù orga,,iscr ce qu'ils appelaient lïnsul't'Cction dans les ateliers. La Constituante, ernbarrasséP, ajourna la question. L'Assemblée Législative, plus réaclionn:tire, maintiut l'interdiction '2ï no\'. 181,!l). Pourtant les modiricalions appOl'tées aux articles du Code pénal semblaient mettre sur pied d'égalité patrnns et ouvriers; elle les frappait des mêmes peines pour les mèmcs délits. Léger, bien léger effort d'équité! La statistique des grèves, dul'anl )es années qui suivent, ·montre combien la coalition pall·onalc a été pen pou1·suivie relativement&. l'autre, soit qu'elle (t\t-p,·esque insaisissable, c<Jmmc le constatait un ministre de la justice, soit q,t'clle obtint des juges d'instn1ction plus d'ind,ulgence. li en résulta que rouvricr, privé par su1·c1·oit d11droit de réunion et d'association, dcmêura solidement garrotté. C'est à l'Empire et au rapporteur de la première proposition, Houher, que fut ,·éservé, en !864, l'honneur de desserrer les liens qui l'étranglaient. Lois pro/ectrires d11 trneail. - Si l'on empêchait ainsi la cluse ouvrière

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