Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIRE SOCIALISTE talion serait fourni par l'Etat moyennant un inl<·rH de 3 O.O. On calculait que les frais s'élèveraient à 100 millions pour toute la Franre. l.cs salaires et les. hént•fires y seraient n~glés comme dans les atclit'rs sot·iau~. Sans s'attarder,, la critique approfondie d'un S)Slêmc <1ui n'a point fonctionné, on peut remarquer le mélange de chimi•rcs et cl'icl~cs pratiques qui cararh;risc Ir sorialismr <l(' er l<'mps-là. Ce qui était chimérique, ,•'était de proposer à une .\s~embll'e bo111·gcoist la création d'un ministCre • ayant la mission spéeialc de préparer la Hë,·olution sociale •· c'cst-:1-clire le suicide en douceur de la classe qu'elle représentait. Quelques manufarturicrs en dctrcssc. aurairnt, parnil-il, voluntier!' <·édé leurs établissements tl r1::tat, moyennant UJIC indc11111ité. ~lais l'immc-nse majorité de la classe patronale repoussait celle io,·itation ;, se laisser mourir cl la classe ouvrière n'était ni assez organi~f.'e ni assez instruite pour offrir à la reforme proj<"lé(' un solidepoint d'appui. Cc qui (-tait dan~•'rcux, au point de \'Ue m•'mc de Louis Blanc, c'était, en instituant un• budget des travailleurs•• de reconstituer nu profil de corps 1>rhilégiés de nou,·eaux biens dr main•mortr. C't~tait encore l'arbitraire auquel conduisait l'imprécision de certaines formules. Qui fixerait lrs prix de revient, les salaires, le taux des bénéfices :' On ne le ,·oyait pas clairement. Il faut ajouter aussitôt que l'idL·r d'un ministère du tra,ail n'était pas cependant si folle, puisqu'elle fut reprise alors par des députés non socialistes sous la forrne allénul"e d'un /Jureau du travail, crntralisnnt tous les renseignen,ents relatifs à la production agricole et industrielle en nH'me temps qu'it la conditio11 drs traHtillcurs; puisqur, depuis lors, soit en Belgique, soit aux: ttats-L'nis, soit en France, elle s'est réalisée en bloc ou en detail. li faut reconnaitre en outre que, d'une part, la reprise par l'l~tat des mines, des chemins de fer, de la Banque fait aujourd'hui partie du programme dit radical et que, d'autre part, le socialisme international contemporain a inséré dans ses re\'endications ù peu près toutes celles de Louis Blanc: socialisation progressÏ\•c des gronds moyens de production, union intime de l'agriculture cl de lïndustric, acheminement \'ers une soci,'té collectiviste dids,'e en associations professionnelles qui se répartiront la besogne et rêglcr.ont la créati<>n des produits d'après les besoins constatés par la stali!iltique. En dehors de ce plan d'ensemble ,·oué alors à un insuccês certain, la Commission du Luxembourg réclama dl\'crses mesures qui daicnl de nature à modifier le régime du travail cl que nous retrouverons plus loin sur notre route. Ce n'est pas tout. Elle fonctionna comme une sorte de tribunal de conciliation dans les conflits économiques qui éclalèrent au lendemain de la Rfvolution. Querelles entre ou,riers français et ouvriers étrangers, conséquence de la \'&peur qui en facilitant et multipliant les communications commence à transformer, dès cc temps•là, le marché national en marché international. Louis Blanc fait prévaloir là les principes de fraternité qui sont i, la

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