20,, IIISTOIRE SOCIALISTE disp,1r11 p('u II p<'u, il rst j11:,,lc-('I nt'l·C'ssai,·r qu'il y ail aujourd'hui une compensatio11 pour rC'u\. qui tro11\·cnl rn arri\'ant au monde IC"sol et tout ce qu'il port<' ot·cu1.w,. cn,ahis, arenparés. Celle ,·ompensation, c'est le droit au t1·avail. Co11111H' I<' ~lil 1111:wlrr orateur, le tra\'ail, c'est la propriété du pauvre, rt il doit ,'lrr garanti par l'Elal 10111aussi bien <1uc la propri(·té du riche. Ct•ti:, qui dt'·f<'11dr111 cette lhèst~ fout remarquer une contradiction criante: La loi p1111it le mendiant, le- vagabond, l'homme <111ine tra,•aille pas; elle doil, <'11eo11:-il•q11c-11<·c, ass111·<·r du tra\'ail à t'NIX qui, voulant tr~vailler, n'ob• ticnn«~111 pas la bc-sog-11c qu'ils n~damenl. La lui punit l'i11fanticide, parce <p1°f'II<' c·on~idl•rc la ,i<• humain<· t·omme s:wrt·c; c-llc doit donc procurer du tm,;ti) aux pare11ts qui ne pc-11vc111nourrir L'l c'·lcvC'rIC'urs enfants, si on leur rrfus<' le ll';l\;_IÏI payé qui c·st le sc•ul 111oyN1<l'cxiste11cc pour ces enfants cl pour C'11x-111t".nws. Les prolt'•taircs. dit ù s011 tour .\rnaud de 1'.\riègc, sont aslrl'i111s i, payer l'imp<H, s11rlo11l,,,,1,,i du sang: il défendre en cas de danger le sol de la patrie, c'est-il-dire la propriél,· des riches. Ceux-ci savent bien alot•:,,1·t~clamcr l<'s ht~111'·ficC's de la solidarih.'• c-ulrc c·oncitoycns; pourquoi en l'('pudicraif'nl-ils les d1argt•i,, c-n rt•pondanl aux pau,•res qui veulent \'Î\'l'C en ti·a,aillanl: D<',·cnC'z <'l' que ,ous pourrez! l.c-s p:u·lisans dr l'arncndrmcnl IC' p1·i·srntaicnl l'Ommc une conciliatio11, comme- un <.. ,sai c1·acC'ord ,··quilablc r11lrf' les deu~ classes qui forment la SO('Ï(~b··. Ils drrnandaiC'nl :t IC'nr·s a<lvc1·sai1·f's si, oui ou non, ils voulaient fon• del' unC' d,'·nuwratit• ou i•l('r11i:H•rle n'·gimc du pri, ilèµ-c. Ils in"itaient à insrrir<• Ir droil au tra,ail da11s la Conslitution, non pas comme un engagement it supprime,· immédiatement la misère, mais comme une promesse à termr, qui donnerait au~ ou,riers le rouragc cl la patience d'allendre qu'on pùt la réaliser. ~lais <''était préciséme11l relie organisation future qui effrayait ln partie bourgeoise de l'.\ssemblée. F.lle n'en ,·ou lait ni dans le présent ni dans l'a,enir. Bien <1uc lrs socialistes sr fussent sagement abstenus de prendre pa,-t aux débats, 011rappelnil ,, chaque insla11l que Proudhon avail présenté le droit au tra,·ail comme le commenc·emcnl de la liquidation sociale. Duvergi<'I' de llnuranne citait ces mots de Vidal: « Le droit au tra,·ail, qu'on Je sache ou non, implique ll<'tessairemcn_l l'organisation du trn,·ail. • On alléguait que Cons·ideranl aYail dil à peu près la même chose. On prétendait que toul d1·oi1 l'(•c·onnu <'SIexécutable sans d,~lai; et l'on faisait peu it peu dévier la disrussio11 sur le lroisit•mc point, la question des voies et moyens. Elle ne Culpas lrailéc à fond. ~lais Tocqueville et Thiers surtout en profiti•rrnl pour comballrc les système• socialistes. lis firent remarquer, non sans raison. que l'l~lal. pour se faire le poun•oyeur des sans-travail de toute prof",·ssion, drvrail avoir en loul lieu sous sa direction des ateliers de tout gc-nrr; <1u'il <'"l ridicule d'oO'rir des terrassements à faire à des bijoutiers ou à des ciscleul's el de mellre la charrue ou le pic du mineur aux mains d'ou- .-riers élevés ù Paris. Mais, ajoutaient-ils, il n'est pas question, n'e1t-ee pu,
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