Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIALISTE et l'ét.tblisscntC'ul par !'Etal Je grauds tra,·au:c: d'utilité publique. de~tinét- ,· 1 ('mploycr. en cas de (•hômngc. les bras inoccupc~ •· :\lais su1·vicnnent les journées de Juin. Aussitùt i-crul. LPS bureaux dr L\ssemhll•r sont chargés d'examiner le projet. et huit sur quinze sont cra,·is d1• repousser cc que Consiclcra11t a appelé le comme11ccrncnt (t du droit ouvrier. » Le ('Qm.bat sr livra surtout entre Thiers, di-légué du troisième, o.t Crcmicux, dél~·gué du dixiènw; cl quand le Comité. au mois d'Aoùt, rc\'iS3 Ir premier texte, le d1·oit au tra,·nil fut abandonné à une p-1·ande 111ajol'ilé. Aux trois arlicles qui le reconnaissaient en furent substitué~ deux autre~ ainsi conçus : ART. YIII (du pr(,ambule}.- La H(!publique doit protéger le citoy<'n dans sa per"8onnC', !:-afamille, sa religion, sa 1wopriété, son tranil et mcltre à la portée de thacun l'instruction indispensable il tous les hom1ues: elle doit fe;1:i.,1ence mu cito,·ens 11üessiteu.r. s"il <'nleur procurant du travail dans les limiles de ses ressources, soil en donuant, à di-faut <le la famille. les moyeus d'exisl('r ..î ceux qtti sont hors d'état de tra,·ailler. AKT, 13 {de la Coustilutionl. La constitution garantit aux citoyc·ns la /ibrrt(, du ln11·ail c:t de l industrie. La .iOCÎétC fc,vorise et encoumg<' i<' dévefopp<'ml'nl du INo•ail par 1e11seig11<'ment primaire graluit, l'éducatio11 profcssionneHc, l'égalit,: d<' rapports entre le patron et l'ou- ,·ril·r, Je:-;iostitutious de pré,·oyance et de crédit. les associatio11s ,·olontaires et l'c:tablisS<'DH:nt par l'Etat, les départements et h·s communes de tra,at1x 1)l1blics, propres à employer l(•s bras i.noccup1._:s•· )larrasl avait dit dans son rapport: ((La forme est changüe: le fond l'Cste le ml'me. » Rien n'était moins exact et personne ne s·y mCprenait.D'unc part, un droit formel pour l'indi,·idu non propriétaire se transformait en un élasticp1e <.k,,·oi1· d'assista11cC sociale rn,·rrs 11 les nécC'ssiteux •1. D'autre pa1·t, l'engagement de fournir du L1·a,·ail aux sans-ou,Tagc ëtait 1·e1HplacC' par celui de prot(·gcr les citoye11s dans leur travail, cc qui était chose toute différente.. l~nfin, au lieu des garanties accordées aux prolétaires, il n'r a\'ait plus qu·une Yaguc promesse« de favoriser et d'encouragc1· le dévcloppcmC'nt du tl'a\'ail. • c·rst sur ces le:\tes édulcorés que s·ou\'rirent les débats ù l' 0 Assemblée. Déjà. Jca11 Reynaud avait amorcé la discussion, en pl'oposant une so,·te de contreproj~t, da11s lequel il était dit cnt1·e aull·cs chosP.s: les lois {( ont poul' hul d'assurer it tous les 1nembl'es de la société, par l'action des parti('uliers ou de l'l·:tat, les conditions naturelles de ,·ic: la prop1·iété, la famille, lé développement physique, Intellectuel cl moral >1. t-:n conséquence. (( la subsistance sera garantie a tous les citoyens, moyeonant un tran'lil con,·cnablement limité. » ~fois, sans voler sur le fond, l'Assemblée passa à l"ordre du jour. Les débats ajournés vinrent en leur te111ps, brillants cl solcn11cls!; on y attachait une importance que prOU\'C suffisamment cette phrase de ThietS· « C'est l'humanité entièl'c qui nous entend.»· La vraie bataille s'engagea sur un amendement déposl" par le bon délft6cratc Mathieu de la Drome. li consistait i, 1·emplacer l'article \ïll ,par celni--ci ~ • La R<'publique doit protéger le citoyen dans sa pcr~onne, sa famille, sa rt-IÎlot•

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