Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

2(i() IIISTOIRE SOCIALISH~ N \11:a proprid1·. Elit• r1'C'o1111ail Ir droit d(• tous les ritoycns a l'instruction, au trauil et é\ 1 as~ista1w<'. • Il y Pnl \·i11gl-rt-11n orat('urs inscrits. ~f•uf d'cnt1·r eux. qui ne pa1·lèrcnl point. li1·c11t imprimer leurs discours. On put voir dans ce tout noi oratoire ,r hrurlrr troi-, opinions rrpréscntant les trois grouprs dont j'ai parlé au <'hapitl'(~ JHi'·<·t~drnl, rt t:rla j<' prie de croire que je ne <·herche pas unr ,aine ,~ mêtrir !'-oUI' troi~ points essentiels. I.e d,·,arrord portail d'abord s111· la 1·011ceptio1' d11 nife de l'Etat. Hùle n{·gatif rn matil•1·f' ,··cono111iquc, disait Thi<•rs a,·ec lrs l'conomistcs. Sa politique doit i'•trr c·rllr de l'ahstcntio11. Billanl, futur miuistre d<· l'Empir<', m~is alors en roquctlcric a,·C't· la démocTatic, a\'aÎL dit : • Quand l"ou, ric-r de bonne ,olonlé qui n'a pou1· Loule fortune que• ses bras ,·ienl dire il la soriélé: - Je ,uis pr(~l i, tra,aillcr. mais je Il<"trouve pas <le lra,ail - fon<lra-l-il que la soeii·lt·• n;pondf': - .I<' ne puis ric•n pour toi, meurs, je t"ouhlic. - If El il ajoulail: " Co11t1·r une telle i11hu111anit(· 1'.\ssc11lbléc tout entière se soulè,·e. "I .\ et' 111011,rrH, dt'~ ,oh. di,crsc~ l'intcr1·ompircnt <'Il criant : • )lais du tout. du tout! \ l'appui de ce nihilisme gou,·en1ernental Thiers et d'nulrf'S aH'(' lui t·~sayaicnt de dérnont1·cr que la l'Cconnaissa11ce du d1·oit au lra,·ail était inutilc- ; <JIU', gr..lcc aux mac·hiues. la situation des 011, ricrs ,n·ait b(•;_luroup g1·andi; que la part dC'8 salaires était plus considérable qu·autrefoi~ dnns Ir p1·i'= de revient <l'un pr·oduit; que par t·onst~quc-nt les gains des t'nlrc-pn•ururs ;1,ai"nt diminué: quC' r'étai<"nl <'<'Ux-ci qui aul'ail'nl eu besoin du ,1•1·ours de l'Etat. si l'l·:tal devait jamais secourir une classe de citoyens aux dépens des autres. Tocqueville apporta un autre argument. Il reprocha aux :--oC'ialist"s rt aux Oll\ricrs d1a\'oir de bas appétits, de s·occupcr exclusi- "'-c1nrnt dt•s inti·t·t~ls matt~ricls, de fairr appel ainsi aux passions les plu!-. g-rossii•1·es. :\lathicu de la Drt\rnc ayant 1·appcl<'•quc la faim cl la soif font sou• ,·rnt dt~~ 1·é,·olutions, des murmures n,·aient éclaté contre cette interprétation matfrialiste de l'histoire. Toul cc qu'on arco,·dail, c'était la d,arité indh·iducllt:'. C'l Thic1·s faisait l'éloge de l'aumùnr qui, sui,·ant lui, 11 1 avait rien d'humiliant et qui était l'e,-ercit'c de la plus !'11réticunc des vertus. l.a Cornmi,sion, moins sèche, consentait que l'Etat f,lt l'organe de la rha,·it(, ('()llccti,c. Elle ,·011lait bien lui reconnaitre un devoir a l'égard de ses mcmhrrs nécessiteux» ; mais rllc ne voulait pas admettre que ce devoir Png,-ndr:il, <'omrnr c'est l'ordinaire, un droit corrélatif. On craignait, disait011, que l'inscdption de cc droit clans la loi n'autorisât chaque citoyen sans tra,·ail i, le revendiquer contre la société ou même contre les individus. Au fond u11r g-rossc q11cslion philosophique était engagée dans cette argumentation : c'csL la distinction de• devoirs de justice et des devoirs de charité. Cousin publiait t\ ce sujet une brochure <1ue la rue de Poitiers répandit à profusion. Il y mellait en opposition les devoirs stricts ou parfllits et les ,levoirs larges ou imparfaits; les premiers obligeant rigoureusement les gens

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