Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIIŒ SOCIALISTE tion u11ivcrsellc, sous prétexte que-le mèmC" Xcwton a écrit un ('ommentairc e,travagant de ]'Apocalypse. Pierre Leroux vint it son seco11rs c11 rappelant t]u·aux ,Etats-Unis on laissait lihrcmenl se faire des expérimentations de cc geni-e. Mais l'Assemblée a,-ait son siège fait. IWe éc·arta dédaigneusement la proposition sans la discuter. Et l'école, réduite à ses propres ressources, fut obligée de r,·duirc aussi ses ambitions. L'e;sai tenté à Condé-su,·-Vesgre, dès 1831, n'avait jamais été .reconnu par elle pour valable. tant il était impadail. L'cntl'cprisc agricoleind11strielle de Sigville en Algérie n'appliquait guère que det" principes détachés d'un Yaste ensemble, la pa,·ticipation a11, bénéfices et le salaire ,ninimum. Godin.à Cuise. n'aHlil pas encore élevé ~on Familistère. l..:Amt.'- rique était le pays d\:l<'clio11 où se l'éfugiaienl des espérances t(•naces: mais Je Brésil cl plus lard le Texas devaient réserver ;'1 cf•s essais des Fo11riérislcs un sorl lrès analogue à celui qui échut aux communautés des Cabétistes. Grande ,Hait pourlant la différence entre eux sui· un autre poinl. La commune fouriériste comporte : ('Il matière poJitiquC", la démocratie intégrale, la -suppression du gouYernernent, ~adminislr·ation libre el directe des choses par tous ceux qui en sont membres; en matièl'e économique, le travail .a.li l'ayant, les t,khes libr(•me11t choisies, l'al'111ée, cet anli<1uc Ol'ganc. de l'autorité, transformée en paciriquc instrument dC"besognes iodusll'iclles el agl'i- <·oles. l\tais c'est en Proudhon que ce courant libertaire, qui part de Fourier, :iueint sa plus grande intensité. Pour comprendre son allitude, il faut se bien pénétl'er de son cal'actèl'e et de sa méthode. l'ar nature c'est un combatif, un agressif et un outrancier. Il aime les formules paradoxales, hostiles, rébarbatives. Ccsl un plaisi,· pour lui cl'étourdi1· el d'effnroucher les ·gens. Logicien fanatique de logique, il déduit, comme un géomètre, toutes les -conséqucncrs d'un principe posi·. et, pou•· peu que Ir principe soit el'J'oné ou incomplet, ce qui revient à peu près au mt~me. il se .trompe avec une énergie <pre rien n'arrèle; il ,·a au bout de sa pensée avec une confian<:e imperturbable <lans l'infaillibilité de ses raisonnements. Cette intrépidité de bonue opinion •1u'il a de son intelligencr fait de lui un redoutable pamphlétaire. Il est volo11tiers dur, sarcastique, impitoyable pour les autres. Quand il saisit une proie dans ses griffes, il la déchil'C. il la déchjquèlc avec une sorte d'ivresse cruelle. Il a porté dans la polémiqne d'idées l'injure, qui est toujours preuve (le mauvaise éducation, d'infatuativn personnelle et d'humeur acarid:ll·c. Proudhon, cet isolé, dont les coups de boutoir sont marqués sur tous ses contemporains, ressemble ,,· ces redoutables sangliers que l'on appelle des solitaires. S'il n'a pas eu beaucoup de disciples, it a fait en cela beaucoup d'é]èves. Celle prédisposition de casseur de vitres, que Proudhon doit ,, son tem11érament de paysan du Danube, à ses origines plébéiennes, à la façon dont

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