Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOlfl.E SOCIALISTE po 111ther la lignr de pat-Lage des deux él(•ments. 11 a fait la pat·t trop grnnclt· i, l'a11toritt'. it l'unité. La cité, telle qu'il la rêvait, raprclle trop ces pensionnai:- oit 1'011 ass111·eaux j<•11ncs gen!-. 1111cno111TÎL1.11·csaine cl frugale, oil on leur IIH."l un unifol'mr il l"cspril comme au corps, où on les dresse à travailler ; 1 11,:uig-cr, i., se le,·c1·, ;, se coucher au son de lr1 cloche. La monotonie dr cct1<-" disl'iplinc et de cette dauslratiun sév(•res est vite génératrice d'f'n1n1i (•t de dt.~!,!'OtH. Cc•I inte1·nal monastique rsl trop étroit pou1· que l'humanit6 puisse ~"y mou,oir :1 l'aise sans Ir faire éclater. 1/t~colr fouriél'istc, se rapprorh<• de· Cabet sur u11 poi11t. Ellr est aussi· hantée pat· le fantôme d'une réalisation imm,··diatc. Elle rève l'organ isation dr la communr sociétaire, drstinéc ù s(• l'Cprodui1·cet~, pulluler par i,nitation. autrement dit de lr, plwlrrnge el du phalan-'li>re. embt·yons de lïiarmonie unive,-scllr. C.onsidcrant développa celle partir utopique dr son programme de,•anl la Constituante dans la séance du 14 avril 18',9, dont la phy~iouomie fui curieuse. Peu habitué it la tl'ihun('\ co1l1mc la plupart des. :-:ocialiste!-id"alor:,;.,il annonce <1u'il lira des fragment-.. d'un long travail : 0111 prote,tc. Il parle; ,nais son discours est haché d'intcrnq,tions. A ehaquc in~tant Ta~cherPau demande l'ordre du jour cl il s'écrie qu'on vole l"nrge11t d,·, ,·ontrihuables en gaspillant le temps des députés <'n d,, pareilles discus- ~ion-.. L'A-,hemblée se vide pour ne pas !'<"•couter.A la fin, quand l'orateu r se plaint des indiffét·ents, des héb{·tés qui ne comprctment pas l'intérêt de <(uC'-,tion~ srmblables, une voix lui crir : • Dites des embt\lt_'•s, si vous parlez. dr Cl'IIX qui vous entendent.» (.1•1w11dantl'ornteur se fait fort d'appliquer la solution que son ma itre a l rouvl·e au g-randproblème de la mécanique sociale. Qu'on lui donne, qu'on lui pt11te un terrain de 1200 à 1600 hectares appartenant à l'état et il promet Ù<' Couder une co111m11ucmodèle qui prouvera combien l'hypothèse de Fouritr c:,l aisée à mettre en pratique.• Dans un court délai, s'écrie-l-il avec une fo1Tr dïllusio11 singulière, snns rien changer aux lois du pays, sans froisser un ,pul intén:t, sans blesser une seule de nls règles, sans contrevenir à un sc111de vos préjugés, je mets la main it l'expérience •· S'il ne réussi t pas, il rnn,cnt a être enfermé jusq11'à la fin de ses jours à Bicêtre ou à Charenton. t}ui voudrait lui t•efuscr la possibilité de créer une lieue carrée de bonheur, de, iches,P et de concorde? Les réponses qu'on lui lit le ran10ni·1·e nl durPment s11r la terre. li proposait de prcndt·e comme champ d'expériena 1200 hc,·tares dans la forèl de Saint-Germain. - • Dites-donc dans la forèt de Bondy! • cria le manufacturier Victor C:randit1. Le ministre Léon Faucher répondit quïl ne répondrait pas. Un certain llesjohert.s opéra une d iversion facilr c·n <',:ayant la ChambJ·e au'< dépens des fantaisi.es de Fourier sur la papillou11e, les bacchantes, les amours xaç-abondes. Considerantriposta qu'il étaiL aussi rnisonnaLle de t:CJ)l'Ocher i, Fourier des r~verics répudiées par ses disciple, quïl J,, serait de repousse~ les théorèmes de ~ewton sur la gravita-

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