Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

222 IIISTOIRE SOCIALISH; Hégnlus, nr rr,·icnt pas, et, au dir<" c110dilon Bal'l'ot, s'en ,·a nég-ocier à l'i°•:lyséc sa 110111in:11iodne Consoill,,,. cri°-:tal. D'autres députés ont étè 1.·onduits. it :\lazas, d'autres ;, \'!ncenncs, .et, comme i.t le111· passage dans le . fauhnllrg" Saint-Antoine, des ouvriers font mine de vouloir les délivrer, ils Ir~ :-upplicnt de n'en rien faire. On comprend que ces pl'isonniers amoureux de la p1·ison aient pu, quelques jours ap1·ès1 t;Lrc ramenés et rchichés dédaignc11sr111cnt en plein Paris. D'autres représentants encore, et parmi eux ~lonlalembcrt, Billaut, Baroche, se laissent mettre de la Commission f'onsultati,·e par laquelle le prince remplace provisoirement l'Assemblée. Le Conseil d't::tat proteste. La llautc Cour se réunit, nomme un président, un procureur, pui~. comme des soldats pénètrent clans la salle oit elle siège, elle s'ajourne :, une date indéterminée. Telle fut la résistance légale.Cependant des représentants, moins gais que cC'ux de Ja majorité, essaient d'organiser la résistance par les armes. Ce sont des ~'lontagnards mêlés de quelques modérés: Baudin, De Flotte, Schœlche,·, \ïetor Il ugo, Eugène Suc, Madicr de ~lontjau, Mathieu de la Drôme, Esquiros, Carnot, Jules Bastide, etc. Ils coul'ent les faubourgs, impl'imcnt et affichent des proclamations, poussent i, construire des bal'ricades. Ils rencûnll'cnt des sympathies, mais inertes. 1< Que \"Otilcz•vous que nous fassions? disent les ouvriers du faubourg Sainl•.\ntoine; on 11ous a désarmés après juin 18!18. Il 'n'y a pas un fusil dans le faubourg. » D'autres ont ricané en voyant c~ffrcr les députés royalistes, leurs vieux ennemis. Reprenant à l'adresse des membres de l'Assemblée les lazzi qu'ils ont appris de la presse bou1·g<'oisc, ils disent aux représentants, qui, dans la matinée du 3, les in\·iLcnt à la ré\·olte: « C1·oycz-\·ous que nous allons nous Caire trouer la peau pour le!', vingt cinq /i·ruics? » - « \'ous allez voir comme on meurt pour ,·ingt• cinq francs ", réplique Baudin, cl il lient parole, tué sur la première barri- <'ad<' à côté de Schœlchcr et de ~laclicr de i\lontjau blessés. Plus tard Denis Dussoubs. un l'c,·enant de Belle-Isle, frère d'un l'Cprésentant malade, usul'pcra son écharpe et le droit de mourir à sa place. Pal'mi ceux qui Lom-- bcronl ça cl là, les deux tiers seront quand ffH:-medes ouvl'Îers. La journée du :J fut la journée critique. Saint-Arnaud a fait afficher une proclamation oi, il accuse les cnnc-mis de l'ordre de Youloir « le pillage et la destruction. • Ce S!Jnt presque les expressions textuelles de Senart et de ~lam1sl aux journées de juin. Maupas annonce que les attroupements seront dispersés sans sommation et il publie cet al'l'èté laconique : « Tout individu pris, consli-uisant ou défendant une barricade, ou les armes à la main, sera fusill{·. » C'est la pratique des journées de Juin généralisée, et Saint-Amaud se pl:-iint qu'on fasse des prisonniers malgré ses ordres. En dépit ou à c~usc de ces 11,enaccs, la population fermente. Si les délégués des Associations coopératives, dupes du décl'et qui restitue le droit de \'Ote au peuple, se contentent d'appeler les travailleurs aux urnes, le Comité central dçs Corpo-

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