lllSTOIRE SOClAI.JSTE 213 rations les appelle vigoureusement au). anncs. Les bruits les plus lt'(Hlhlanls eirculc11l par la vi1le. Les p1·0s<.·1·its ont débarqué. Les p1·,~tcn<lants sonl aux po1'les. Des ri•gim<·nls soule\·és mnrchC"nt co11t1·<' le di(·t:1teur. l.cs habitants de Hcims sonl en pleine insuncclion. Les ~dhésions vicnnrnt el s'en vont, SllÎvant la fluctuation dr:-- 11oun_•lle!-.La cl:tssc ai!--t•c, qui jusqu"alol's :t salué de se:--applaudissements toutes les ron,prcssions, se di,·ise. l'nc parti,· - la plu~ i11tcllectuellc - voit an~c p('Înc et inq11it:t11dt la disparition <lu 1·,·gimr parlementaire. le naufrage tolnl de la lib('1·lt~ politique. \"on !-('ulcmcnl lf's (c l·rol<'s » s1 agitent; rnais tous ks 1·écits s'accordent à signalrl' une opposilio11 <'n gants jaunes. Les q1H11·tiel's1·iches ont de~ Yelll·ités de fratf'rnis('r a,·r<· les faubourgs, comme les monarchistes ,.wrc les n~publicains. :\laupas. affolé, demand(', et tout de suite, « le bl'uit et l'effet du ('anon. >> >lais le plan de :\lo1·ny et de :\lag-11an. renou,·elé <le celui qu1a sui,·i Can1.ignac·. consiste ;'t lais:-cl' g1·ossir l'insnneclion pou•· opl·re1· oontrr el!(• pa1' g1·a1u.lrs ma:-.~cs d frapper un c·o11p qui tcnifi('. Il est vraisemblable que du cùtl' du priucc on dl'sil'e 1111.C' émeute qui soit prétexte à sauver la sociétl·. Odilon Barrot dit que sur le bureau du Président a étl· vu et lù un billel de ~hrnp:1~ ainsi con\·u : « Toul ,·a bien .. \ cc soi,· les barricades! Du canon. du canon! 11 Le molin du'•, )lorny dit en riant ù son l'ntou,·ag-e qui ~;"effare: « llici- '\"ous vouliez des bal'l'icades. On ,·ou:- en fait c-t n,us n't:tes pas con lents li • .\ussi, ce jour-Jit, grand dl·ploicmcnt des t1011pe~ copicus('mrnl noun·ics C"l abreuvées: cnlè,·emcnt des banicadcs qu·on a lais.s(~ ou fait ronsl1·uil'C' au centre de Parisi puis,ù trois hc11rcs.sude bo1ile,ard )lontmartre,oll une fouir élégante et hostile siffle cl cric:.\ bas les pl'étoricns ! dC':-charges soudaines. de lanciers sans aucune sommalion, une fusi lladf' cr 1111 q ual't d'heu I'<· qui frappe sut· les trolloirs, au:\ fcnt.tt1·e-,, daus leurs appal'ten1cnls lr>sspcclaleurs inorfensifs, une canonnade qui défonce l'hùtcl Sallandrouzc, une chas.se aux passants ol1 périssent des ,·icilla1·ds, des fommes, des en fonts; brcr un massacre oi1 les ,·ictimcs sont au 11omürc de :)80, suivant l'aveu tlu .1/oniteur. de 1.200 scion ks chiffres du Tùn.es. Jusquïci l<'s hommcsdu Deux Dl·cc-mhre n'a\'aicnt été que les copistes des procédés employés par le parti <le 1'01·drc et même par ceux des 1·épuhlicaius qui avaient fait cause cornmunr avec lui. Cette fois ils faisaient mieux; ils passaient par les armes. non plus les combalta11ts, mais la foule sans armes cl la foule bourgeoise. Paris terrorisé se Lait. )lais al~rs surprise intense, saur pour la polire. Pendant que la capitale émasculée, lassée se défend it peinr, ,·oici que la pro,·inresc soulève, sinon dans les grandes villes étouffées par l'armée, du moins dans lC's petites et même dans les villages. La démocratie paJsannc, é,·eillée ;i la vie politique par la Hé"olution de 18118. entre clans la bataille. Dans la Sarthe, la :\iène, l'Yonne, l'llérault, la Dr<lme, le \'ar, le~ BassesAlpcs, dans plusi~urs autres dépa1·lcments du CentJ'C', de l'Est, du Sud-ÛuC'sl et du Jllidi, il y a des <'banches d'insuncction au cri de: Vi,·e la H,·publiquc !
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