Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

21(; IIISTOIHE SOCIALISTE <1uc l'.\sscmblt"<' consentit à discuter la ré\'ision intégrale. ;,Jais aut,·e chose était <le lui fai,·c accepter ,·elle <liscussio n il suffisait pour ,·ria de la moitié des rcprésrntanls plus un), autre cho~c était de lui (;.1in· ,otr1· la t·l',·ision rllc-mt.,me. La Constitution exigeait les trois quart~ d,,, ,oix po111· que la décision fût valable), I.e rappo1'l de Tocqueville fut fa,or:1hlc :--ans cnlhou~iasmC'. Les divers partis 1wofitl·rrnt de l'arène OU\'ertc à leur:-- ambitions rindcs pour dép!Oycr cha,·u11 leur drapeau. Les" hlanes », pa,· la boud1c de Falloux el de Be,-rycr, \'antè,·cnt les mfriles de la monarchie; èllid,d de 13011,·gcset Cavaignac leur opposércnl ceux de l a ltépubliquc. Cc fui aussi, en dehors de l'.\sscmbléc, une o<.·casion pour les théoriciens de scruter i, fo11d le probléme politiq11e cl il se produisit <les courants d'idées dont nous padcrons plus lard. ;,Jais parmi les représentants la crainte de cl'l'cr un consul cl un futur empereur, d'avoir, sui,ant l'ex pression de Yiclot· llug-o, Napoléon h· Petit après ciapoléon le C:,·and, l'cn,p o1·tn. La l'évision 1·r<·ueillil 4Gti ,·oix ,·nnlre 2ï0. C'était moins que le chi!l',·c ,oulu; clic était r<'jetéc (l!J Juillet 18;;1, La situation ainsi crél·c était ré,·olutionuairc : toute issue légale était lcl'mée aux prétc11tions <lu Président. De plus. u11c minoriié <le pal'lcmcntairc~ faisait échec à la ,·olonté ùc la majo,·itl", et, qui pis est, i1 cc qui parrai»ait ,'trc aussi le ,·o•u de la majN1rc partie de la nation. Le coup d'l::tal, dont on parlait dcpui~ si longtemps, dc,'c11aît immin('nt et acquérait un ~cmblant de 1·ai~o11d\~t1·c. Il êtait Îff1ml·<liatemcnt décidt~. On pensait proritcr de~ ,·acanct•!'o cle l'As~cmbléc pour l:t dissoudl'c cl en appelrl' au peuple. Dè~ Je J 1 aollt. pln,irurs des décrets <1ui clcvaic-nt tranformc1· la Constitution i:tnie11L l'édig-es. Puis l'opération, fixée en s(•pt<'mh1·c, était encore ajournée. li fallait des complices stirs au chef de l'entreprise. Il lui fallait aussi une 1u·éparalion de l'opinion publiqu<·. une combinaison qui lui permit à la fois dr se p,,scr auprès dC' la bou1·geoisic rn satncur de la sociéh~ menncéc par le sociali!',m~ t"'t auprCs du peuple ~11 ami de la ôémocralië, mis de moitié par l'.\:--:--crnblé,· dans toutrs les mesures de COlllJ)l'Cssion, mais cmpèclu~ pat· elle, ai1i--i qu'il l'a,ait dit le l.,, juin ;, Dijon :nec une imprudence pcut-t·tre t·nlculéc•, quand il voulait ve11i1·en aide aux classes populair<'s. Comrnr exécut<'u1· <l<' coup de main, il a t:Hé Castellane qui aime mieux 1'C!'otc1· i1 Lyon. en rése1·rc. Il fait alors rcnir cl'.\lgéric des g-ênéraux el des colonels habitués 1>a1·la gu,·1-rc coloniale au mé1>ris du d roit el de tout ce qui n'est p,is militairl', Canrohl'rl, )lagnan, Fleury, Espinasse, etc. Parmi eux il a jet,· les 1cux su,· un soldat de fo1·t11ne, l.croy cle Saint-.\rnaud plus riche <l'ambition que de scl'tlµulés cl qui a déjà offert ses s en·iccs contre les Parisiens, c11 férl'ie1· 18l18. On lui a ménagé un focile triomphe en Kabylie, puis confié le co1nmandcmcnt d'une division à Paris. Magnan, qu'on tient par ses besoins d'a,·gent, a été nommé commandant en chef de l'armée de Paris. Pa1·mi les civils, le prince esl en concspondancc avec Maupas,

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