Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIALISTE gcrail sculcrn('nL le capitaine; pa1· une savante p,,litiquc <le h;iscuk, il s'arrange de façon it a,oir pour lui, tantùl la d1·oitc rêaclionnairr, tanlôl la gauche républicaine. Un de ses premiers soucis fut de clésarmcrl'J\sscmblée. C'est d'abord le commissaire spécial chargé de willcr i, la sécurité dccclle-<'i qui fut comp1'omis, ridiculisé, obligé de se démcllrc pour aH>ir dl·noncé une trouble affaire de complot bonapartiste. Puis 011 s'en prit a Changarnier. 1l était l'homme du pa1 li de l'ordre. Loui~ IJ011apart,• a,·ait bif•n e::,sa~ é de 1r gagner en lui offrant le b~i.londe maréchal, Yoirc l'épée df' connt:lablt•. ~lai:-. Changarnier préférait trandllcr pour l<' roi. peul-être pour lui-rnèrnr. i•t il avait laissé entendre que, si le Président vcnail ;, tenter un coup de force. il l'expédierait i1 \ïnrcnncs dans un panie1· ù ~abde. Il interdisait le cri de : Vi,·c \'apoléo11 ~ Il se c1·oyait assuré contre Loulû disgràrc par l'appui de la majorité royaliste. B1·usqucmcnt il était destitué {I0jan\'ÏCl':18,)J: la majorité i mpuissantc laissa il fail'e cl la minorité qu'il avait ma Hraitée, l.>1·<.fféeÙ, ;lfouéc mainte et mainte fois, ne savail si elle de\'ait l'·tre satisfaite ou mécontente. « Lï~mpire est fait ✓,, s'écriait Thiers, épountnté de la puissance qu'il aYait lanL contribué à grandir. AllaiL-il s'établir légalcmenl :•L'article,.~. de la Co11stitution décidait que le Pré~idcnl n'était rééligihlc qu'après un intervalle de quatre années. La date de J8.~>2était suspendue sur 1a tt~le de Louis Bonaparte comme une {·pée de Damoclès. li fallait, ou qu'il partit, 011 que la Constitution fùt .-é,-isèe. Dès l'année 18,)0 une ca,npagne fut entaruée eu fa,·eu1· de la révision. Elle réussit mal d'abord. ~lais elle fut reprise a\'cr énergie par l.l;On Faucher, de nouvc-au ministre depuis le 10 avril. Toul était perdu. si le p1·i11ce quillail la Présidence. Cc serait le si~nal des pires catastrophes. Dans l'espèce d'ibranlcment ncn·eux dont souffrait alors la France. il n'en fallait pas davantage pour susciter des ,·œux de Conseils g~néraux et des pétitions nombreuses, qui, sollicitées pal' les agcn ts J u pou,·oir arrivèrent souvent a\'CCdes dcmn ndcs de secours, de places, de décorations. La question de la l'é,·ision, ainsi posée devant le pays, le fut aussi de,·ant L\ssemblée, dès qu'elle pul l'i'trc. c'cstà-dirc dès le 28 rnai 1s:,1, ~ommcnccmenl de la dernière année 011 devait siéger la Chambre. La révision pOlffait t\trc partielle, se borner à ]a pro1·0gation des pou\'oirs présidentiels; clic µou,·ail l~lre totale, mettre <'Il discussion la forme même du gou,·c1·ncmcnl. Les rl·publicai11s, très sagement, s'opposaient à <'elle refonte complète. A,·ec eux marchait un <'erlain nombre d'Orléanislcs, qui trouvaient qu'un(' Bépnblique pour\'uc d'institutions monarchistes el censitaires se prètait fort bien à la dominatio11 de la classe bourgeoise; ceux-li1 se seraient fort bien accommodés de la présidence de Thiers, de Changarnier ou du prince de Join,·illc. ~lais les partisans de• la fusion», légitimistes pul'S cl orléanistes ralliés au Roy, a\'CC eux les bonapartistes et quelques catholiques, dont Montalembert, voulaient effacer du sol l'œuvre de la Constituante; cL ils étaient assez nombreux pour

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