214 HISTOIRE SOCIALISTE Telle est i, cc moment la soif de repos que la population subit ces fantaisirs. EL cela pcrmcl de ramener à leur juste valeu1· les craintes inspirées par l'hhéancc de 18~2- Il f"ut beaucoup question, au cours de l'année 18:il, d'un« 1no11,·c111cnl démag-ogiquc », duquel il était urgent de sauver la société. CC' mouvement imaginaire n'a été qu'un prétexte et la preuve en est dans les rappo1·ts ffH.'>mesqui furent demandês alors aux procureurs généraux. Bien que par métier el par désir d'avanccrnent ils fussent enclins à grossir les moindres désordres, la plupart déclarent que la tranquillité n'.est ni troublée ni menacée dans leur rcs~ol't. En rénlité, tout moyen de résistance avait été sa,·amment brisé entre les mains des républirains. « Que faire, dit a,·ec fiertë Castellane, dans une dlle ol1 douze personnes ne peuvent pas se réunir, sans risquer <le se voir jeter en prison'.'» Le peuple, sur Loule la surface de la France, était réduit :1 l'état de poussière huniainc, et en comparant cette masse d'atomes sans cohésion aux foi-ces centralisées qui agissaient sur elle, on pou,•ait, avec plus de •·aison encore c1ue Thiers :'1 l'Assemblée, dire : L"Empire est fait! Clli\PITHE X\' l.,\ FI~ DE LA niPl'RllQlï·:. - LE coi.;p 0'1~TAT DU 2 OÉCE)IIHlE 18jl Durant l'année 18;;1 bien des choses annoncèrent un prochain changement de régime. Une nouvelle crise économique frappa la France, atteignit Paris oi, les alfoires an,ient repris, et la pro\'incc où le capital boudait encQre. Le blé plus cher rendit la \'ie plus difficile. Beaucoup de fabriques étaient an1.-.tl·cs, beaucoup d'ouvriers sans travail et sans pain. Une panique industrielle se faisait sentir en Angleterre comme sur le continent. Le commerce, qui s'était lancé dans la spéculation a\'ec une furie téméraire, était enrayé pour plusieurs mois. Cet état de malaise, compliqné par l'incertitude de la situation politique, était propice à tout acte décisif qui installerait un gouvernement fort et solide, quel qu'il pùt ,'tre. Restait à savoir au profit <le qui et de quelle manière s'accomplirait le chani;(emcnt. Cela fut l'objet d'un con Oit permanent et de plus en plus aigu cnlre le Président etl'.\ssemblée . .L'Assemblée procède pa1· taquine1·ies, marchande ou refuse au Président l'argent dont il a besoin pour ses maitresses, ses ,·oyagcs, ses lar·gcsscs intéressées, l'oblige à dissoudre sur le papier ses bandes d'assommeurs, mais 1·eculc devant toute mesure de défense efficace, pal'ce qu'elle se sent impopulah·e, pal'CCqu'elle est incurablement divisée en dc11).. fractions qui se suspectent et s'épient avec une jalouse obstination. Le pl'ince procède par une altemancc alîolaute de protestations d'honnèlolé cl cle paroles menaçantes; il forme et ren,·oie des ministères qui sont toujours aut1·cs et toujoul's les mêmes, comme une compagnie dont on chan-
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