210 HISTOIRI! SOCIALISTE de la H(•vol11tio11: 18:,2 est eél1,bré d'avance pa,· le ch•nsonnier populaire, Picrrr Dupont. t·on11ne 1111c tlatr t.Jedélh'l'nnce : C'esl dau"' deu"t an&, dru,: ans i, pemt, Qut'" lf" t·oq g~uloiit chantera. Lo p;i l'i i démo,·rnlc•socin I Î:,;1(' fait aiusi e,ffo1'l pou I' s'adapLtw uux <"ondilio 11~ ,·n•<'r• pnr le sufÎl'a!(e universel. Il dc,,ient le ,·frilahh· pa,·li de l'ordre. Il a peur de fai,·e peur ,,t par là-mèmc il est plus redoutable qu'il ne l'a jamais él(•. )lontnlrmhl'l'l dit, Ir 11 fév,·i<'r Js.·,1, en i,;îg11alunt l<'~fissures qui s'ouvrent dans le Lloc 1·éaclionn:iire: « Cc qui :mrtira de li1.. , cc sera le socialisme, et non pas le- socialisme insLÎJl{é, viole11l, brutal, pal' conséquent éphémère et facile à 1ai11rro: non. cc sera le socialisme 1(·!,(al, le socialisme électo1·al, c'c•st-it•dirr 1111 mal i1Temt~diahle 011 po111· lequel du moins je ne conçois aucun l'Cmëdc humain.» Le fait est <111c (' socialismC' apaisé et allt~nué fah,âit des r<'crucs impré\'11('~. A l'Asscmblér l.a111nrlino avait.. distingu~ trois so<'ialismcs, l'un nivclrur, l"a11t1·(' ehimériquC". lo troisième qui était une• aspir·otion ,·e•·~ le pr·ogrès socinl. et, en co11dan111a11tles deux premiers, il nvail proclamé la lêf(itimilé du der-· nier. Jults Favre avait dit aussi "1/1 mai 1830: « l.t· sorialismc, cc n'est pas aulr(• chosC' qu<' l'eMpl'it humain en action c•l C'n l'Xf'rcicc; c'f'sl le rationa.- lisrnC'; c'est la raison humni11C' dans sa lib<'rlé et sou indépendance; c'c-!tt l'élerncllc opposition de la pcns1'e contre le rail; e·~sl la prolcslalion <111 d1·oit, , iolcnle, passionné<•, comrnc vous voudrez l'nppelc1·, mais qui ne saurnil t~lre dangercu~c po111· la soci(:té- q11'i1 )a condition qu'on en cnlrn,·<"ra la manifestation.• Comme il est nalurcl, c'esl par son côté moral bien plus qu<" par son caractè,·e économique qu'il conquir•rt des amis dans le n1011clr bo111·gt.•oi~. Très vague sui• le~ moyens de supprimer ln misère•, il se fait 1·ésolumcnl anli-cléi-ical, cl les 1>c11seurs de la bourgeoisie le dr<·ssont fièrement c-n forf' du vieux catholic·ismc comme sou ennemi et son héritier laîCJOI<'. C'est le sPns de l'article courageux qu'un jeune professeur, Emile DrschanPI, rcrit, clans lu Liberté de penser. sous le Litre de: Catholici.,me el -•ol'iali•mP. Il y r{'Vcndique le nom de socil\lisle, non seulemenl pour lui-mênw, mais pour lous les républicains, pour Lous les gc11s de cœu,·, cl il déclare que le so,·inlismc, i11jnl'Îé, vilipendé, décrié, csl aux,~• sièole ce que rut le proteslanlisme au xv1• el la philosophie au xv111•. Lillré, le pooitiviote, <;cril i1son tour: « L'avènement du socialisme au sein des 111as1es populairea esl le fait le plus décisif et en m~me temps le plu~ salutaire, qui, depuis 1789, soit ••·rivé clans l'Occiclcnl »; el il raille ceux qni croient l'enrayer e11 rendanl par le macadam les barricades presque impossibles. Quinet le définil la réalisation du christianisme universel par la sanctification du travail. Renouvier voit en lui une doctrine ou; plutôt un ensemble de doctrines clonl l'esprit commun consiste à reconnaitre à l'Etat des devoira et dea droits plus étendus que pat le passé et à ressilrrel' les liens de eolidarité qui 1
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