Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIRI~ SOCIALISTE 20() nations du ,·icux monde. Mais toujours subsiste la question brùlantc: La Hénllution sera-t-elle politique ou en même temps soc-ial<'? Louis Blanc !-.11r cc point est en plein dé:-accord avec ~lazzi ni. Puis il y a lutte d..-·s socialisl(•s dï::tat, comme Louis Blanc, et des néo-jacohin~ cornrnc- l.edt·11-Rollin et Delescluze, a\'CC ceux qui. ('Omme P1·oudho11 ou llcrzc11, n~ulc-11l réduire i, 1·icn le gou\lcrncmcnt. Lutte cn<"orc dC' crux qui ,-roicnl i1 une c·oopt~ratio11 possible des classe:-. antagonistes, comme Louis Blanc rl Considrrant. avec ceux qui. comme l\laz•x ou Blanqui, (•ntcndcnl organiser Ir proh~tariat <'Il parti indépendant et aya11l son aclion propre .. \ Londres. Barthélemy. Dorncngë, partisans des coups de main. voire de l'allenl:tt individuel. s'opposent de toutes leurs forC'es Ü ceux qu'o11 peul nommer les réYolutionnaircs gouvernc-mcnlaux. Pourtant, malgré (·es dissidences, une foi cl une- espérance communes rapprochent tous ces bannis, la foi au triomphe du peuple et de la République, l'espéra11ce d'u11c ré,·olution que I<-mirage de l'exil leur fait ,·oi1· toujours prochaine. Le ~Youveau.monde, qui est la Revue de Louis Blanc, comme le Proscrit cl la i·oi.1·du proscrit qui sont, tour :1 tour, les organes de Ledru-Hollin, sonnent contre la réaction le tocsin de la résistance par la force. Sauf du côté de Pl'oudhon, qui uue fois seulement se pl'ononce pour !"action révolutionnaire, il vient de celte France du dehors des appels ü l'insurrection contre les coups <l'Êtat qui se pl'éparcnl. Les ]cllrcs qui tra,·crsenl le détroit s'effo1·ccnl d'organiser da11s chaque département un noyau de républicains prêts i1 se soulcvrr. une petite partie de la ~lontagne (21, contre 84) tienl pour eettc politique é11ergiq11e cl aventureuse. La rnajorilé, qui \'Oil de prês l'a(faisserncnt g,'néral des courages el qui a pris au Parlement l'habitude des armes émoussées, se déclare pour la résistance légale. ~!ème lorsque le suffrage universel a été mutilé. elle a reculé devant la descente dans la rue; elle n'a point usé non plus de ]a démission en masse; et quoique gourmandée. accusée de làcheté par les impatients, elle se cramponne il cette lactique de temporisation. Proudhon, dans un de ces articles;_, l'emportc•pièce dont il a le sècret, a lrailé de blagueurs les r<',·olutionnaires en chambre qui. de l'autre côté de la Manche". prêchent en toute sécurité le recours à la \'iolencc. Il conseille au nouveau parti démocratc•socialistc de renoncer ~ la tradition des cataclysmes et de se cantonner dans la légalité comme dans une forteresse. Et le mot d'ordre adopté esl d'attendre patiemment les élections de 18~2, oll la France doit rcnon1mcr, presque en même temps, une 1-\ssemblée el un président de la République. Parmi les candidatures, il est question de celle de ~lartin Nadaud, l'ouvrier maçon, alors représentant du peuple. On s'abstiendra de ,·olcr jusque-là; mais alo1·s le suffrage universel reprendra ses droits. La i\lontagne, dans son compte-rcndu public. ajoute que tout doit s'y passer« sans crise, sans désordre». Elle ne dit pas comment. Selon une formule assez contradictoire, 1852 doit ètre l'avènement 1·égulier et pacif1quc

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