208 IIISTOIHE SOCIALISTE par i'trr 1·n:;;~l'mblt~s, pLilc-nu'lc, des cond~rnnésde la llaulc-Cour, des insurgés de Lyon. de Limng-r:--.d<- ~l:nscille, dr Paris. dont beaucoup arrêtés san~ ju~('ru!'nt. Ir~ priso11nie1·s ont b<'a11t·lre parqués sous les feux croisés de deu, hatteries d'ar·tillerie. i,:ardés par· une g-arnisorr de J, 100 soldats cl de t,0 gt:ndal'mcs: ils ~c rc-fo111u11r ,·ic p11hliquci rhanlt'nl iles d1œ11rs l'épublicaius: «·rérnt 11r1c ~ortcde forum avec 1111(' tribun<•; fondent un journal socia~ liste qu'ils jctte11t ù leurs g-ardi<-ns; cél(·br(•nt le :li, fé"rier par un banquet oü floue le drapeau l'Ouge; éli•,ent, après l'exécution des mcurlr·ic,·s du général Bréa, urr grand catafalque en leur horrneur ctjrrrent de les venger; inventent l'ordre du« boulet», dont les insig11es se composc-nt d'une chaine de fer et d'une halle de plomh qui s<• portent it la houtonnière et rappellent l'envoi des camarades au bagne. De temps en temps ils réclameut contre la discipline 011 la mauvais<" nourriture qu'on h·ur impose: insultent ou séduisent leurs gardiens: les lraitC'nl de• soldats du pape• ou lrs convertissent à leurs icli·cs. Un jour ils brist•nt des palissades, dt.'.•vnstcnl un dortoir, mettent le feu aux débris; il faut des charges à la baïonnette pour· calmer celle- petite émeute; après quoi lrs m<'neurs sont traduits devant la cour d"assises de Lorie-nt, défendus par les meilleurs avocats du parti démocratiqu~. acquittés par· le jury, puis t1·ansporll~S. pa1· onli·c du mi11istCrc. en Algél'ic. La 1-:-l'ancc est silloun,•e en cc l!'mps-li, de \'Oitures ,·cllulaircs qui emmi·ncut ainsi à des desti11atio11s loi11taincs de 111ystfricux ,·oyagcurs. Cependant, parmi ceux qui rcstrul il y a dC's C'Ssais communistes; des cours dr science et d'économie social,·: des rcprése11tatio11s dramatiq11es: des cl'•c•rellcs aussi entre Blan- <1'1iste, el Barbèsisles. entre les arislos ou 11w$/Ù-s el les purs ou rigides; des mises en quarantaine d<" tel délcnu qui passe pour un mouchard, llubcr par exemple; des intcnnill<·nces de sévfrité oü 1'011tire des coups de feu sur ceux qui se montrent aux fr·n<'tres des chambrées. oit l'on intercepte des lettres. "oie des papiers. met au cachot les récalcitrants; puis des périodes d'accalmie oi1 les cnferml~S se pr·ocm·cnl d'humblc-s et touchants plaisirs en se donnant l'illusion de l'espace libre, en élevant au milieu de leur préau une hutte d'oit l'on ,oit la mer. De li, s'en,·olcnt aussi des pages frémissantes oi, respire la farouche énergie de ces :.im("s obstinées dans leurs convictions cornnw dans leurs ressentiments. Ces hommes, retranchés du monde des vi,·anls l'Ontinucnt à se battre.•, comme faisaient dans les antiques mythologies les ombres des héros morts. Blanqui. d11fond de sa cellule, allaque encore ceux <111 1 :t Paris il n\'ait en ,·ain pressés d'allc1· de l'avant. On peut sui,.,.~ le contre-corrp de ces di\'isio11s parmi les réfugiés français d'.\ngletcrre. que les Anglais appellent • les grandes barbes •· Londres est alors la ville hospitalière oi, ont abordé les p)us illustres naufragés de la ré\'olution contirwntale. Ils forment là une sorte de gouvernement rfvolutionnoire en espérance, un véritable comité européen qui aspire à réunir entre ses mains tous les fil• d'une \'aste conspiration englobant toute• les
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