IIISTOIHE SOCIALISTE 20i bourg et à Besançon, il visite les hospices oü il eutrnd crier par des femmes: Yive notre amour cle petit i\"apoléon I Il parle au,- malades, péni-trr clans les usines, cherche quelque blouse pon,· y accrorhr,· ln rl'Oh d'honnr111·. Il est reçu :1 Chauny au cri dC': « \Ï\'C' lcp(•rc•des 011v1•if'rs!•: il l1Îùmpheit Houen. :'t Bordeaux, cl l'un de· srs Sl;idcs ordinaires, C1·a11i('r dr Cassag11a4•, rnt·ont" ce dialogue l•difiant e11trc le p1·i11cc et un 1·crnpaillt.•u1· d(" rhaise!il,, qui l'a,·ail rrucontré se 1>romenanl: • ..-\rrt'•tc-toi un instant, a,ait dit le rempailleur, el laissc•ll"1oi le dire u11 mot. On c.lil que là-bas, à la Chamhr(•, il:-, ne- \'Cuir nt pas de loi. Eh bien! nous en voulons, 11ous. ~ous saro11s que tu aimes Ir peuple el l'ouv,·ier. Qu'ils n'oublient pas qur c·est nous qui t'a,·uns 11omnu~ el qu'it ton premier si~nal nos b1·as et nos poitrine"' sont ù to11 sc1·, ire». Outre srs dupes rl ses fanatique~, lt· eultf' 11apol1'·011ien a aussi !'IC'~ auxiliair{•~ payt!s. Oc ,·é1·itablcs handrs organi!'lél•:.;, la Soci{'t(· du Dix-Dér('mbrC', la Sol·idC <lu Quinzc-.\oùl. compo5éc:-- de celte bohènw th• dérlas:-il•s1 qui dans une grande \'Îllt.· floue comme une éc11n1t.., lui fout uu l'o1·Lèg<· h11t'la11t. agressif, c11combranl. Elles crirnl: Vi\'c Sapoléon ! pa1·fois: \'i\'c l'Emp('l'l'lll' ! rosse-nt lrs rl•publicains, 1·cmplis.scnt les rues de \'aCal'me. C'est i1 leur imaÇ{C que Daumier figure. sous les traits de Hatapoil. le bonapartiste militant, cass('ur de ,·itrcs el assommcu1· de passants, a,·cc longue rrtlingotc. ba1·bichc en pointe, chapeau bossué sur l'oreille N gourdin solide an bout du bras. ,\ tant d'cnuemis qui menacent la République, que prn\'cnt opposer les républicains '.1 Ils sont alo1·s partagés entre deux directions di\'ergentrs, sino11 contrail'cs. L'un(" vient surtout dt:'sproscrits et <les prisonnira·s, l'autre des lllontagnarcls restés,, l'Assemblée. Les premiers sont éparpillés. Proudhon est en Belgique, Louis Blanc, Leclrn-Hollin en Angleterre, d'autres en Suisse. Des groupes de condamnés sont ia Doullcus. au )lont•Saint-)lichcl. i, Belle•lsle. en .\lgt',·ic. Ces milieux étroits. isolés, peuplés <le v~incus qui CI\J)èrcnl une re\'anchr. sont fo1·cénu•11I <l'ardents foyers oü les passious politiques• fcrmcntcnl comme en \'flSC clos. Su,· les détenus l'attention est appelée tantclt par le~r transfert d'un point t\ un autre, tantôt par quelque tentnth·e d'é,·asion. tantùt par quelque rebcllion qui amène des débats en justice. A :'iantes, le lt; octobre 1850, 1111conrni de transportés allant it Belle-Isle passe en chantant la ~larsei_llaise et en criant : \ï,·e la Hépublique ! La foule. qui s'amasse sur leu,· passag,•. cric i, son tour: Vivent les insurgès ! et jette des fleurs dans ]a Loire. A Bres~uirc, cinq grâciés dr Juin ti·aversenl le pays en pleine nuit, esco,·tés par la geudar• merie; des ouvriers trouvent quand même moyen de s'approcher d'eux. dr leur remettre quarante francs, produit d'une collecte, et cl'aceompagne,· jusqu'à un kilomètre de la ville la voiture, qu'ils quittent en cri'nnt: \'ive la République démocratique et sociale! A Cherbourg, des libérés disent aux sol· data qui lea conduisent: • Nous avons combattu pour une cause qui n'est pas perdue el pour laquelle nous combattrons encore,• A Belle-Isle, où fiuisscnt
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