Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIALISTE 20:i hri,é; l'act·ord ebauchl' sr n',êlc i1111>ossihlc.lnddcnt scroudai,·<· cl forluil :' Non certes, mais ahoutisscmcnt logique d'un long pnssf:, et aussi ru,·icux cxrmplc des mi1·agcs dr l'exil : le comte de Chambord croit qur ce nt millr ho111111rssonl prêts à sr soulc,·cr pou,· le 1·eplac,•r s111·le tt•,\ne (1,, ses pi-rrs ! \'aincment le, habiles essaient d'un rrphitral,:'<' eu <il'claranl que I r prinrr n'cnlrnd pas c.~lre 1111 monarque- absolu, c11 lui faisant l'crirr une lcllrc oil il accepte«. l'égalit,: dr\"ant la loi, ln lihc1'l,: de con,rirm·c. le lihre arcè, de toui aux t>mploispUblirs »; ces librrtés ne sau1·nirnl t'l1·c autre chose qu'un don h(,néYolc fait i, ses sujets par un prinre qui 11·a point cl Il<' peut 8\'oÏr aY('(' eux les liens d'un cont1·at. Quelqu'un , it en ee l('111ps-lù, daui;. une armoire de Frohsdorf, l"11niforrnc que le rornlc ch•Chambord a,ait rom11i:tndt; en vue dr sa rentrée dans sa bonne ville de Pa,·is; u11(• c·t,<'a1·<lcll·icolo1·c y était piquée; c'l'lait le maximum des conce:i-sion~ <ruïl rer.tardaitcomme possibles. Une di,russion qui eut lieu à l'.\ss~mbléc montra hicn le caractère iudél,'• bile que gardait furci·mcnt la royauté dite h~g-ilirne. l'n rl'p1·l"sc11ta11l nommé Crctou aYait proposé l"aholition de, lois de bannissement qui frap1> aient les membres des familles ayant régné sur la Franc("; les Orléans pouvnicnl consentir à rentrer C>nFrance comme simples citoy!'11~: ils nf' dC>111andaient qu,à venir faire sur place l('ur métier dr prétendants; ils a,·aicnt a<·tcpté, snllicilé mt'mc discrèlemcnt de la Hèpubliquc le paiemrnt du clo1iai1·c promis jadis à la reine ~ladc-Amélic et la lev,·c du scq11cst1·c pesant su,· les biens de leur famille: mais le comte de Chamhord, ,·n\'elopp,' dans les plis du drapeau blanc, comme dans un linrc11l, c111prison11é, rommc dans une gaine de pierre, dans sa dignité d'héritier de Louis XIY cl de représentant du droit divin, 1w pouvait revenir d'exil qu'en sou,·Prni11, et les légitimistes votèrent pour rajournl'menl dr la proposition Crcton. Lt.:désnrroi (•tait ainsi au <·amp de!-- fusionnist<~s. I.e~ aigres ré<"riminnlions recommcn~·aient entre orléanistes el légitimistes. 011 a\lait escompté le coorours de Cha11garnier pour étrangler• la gueuse ,., ('ornn1c il nommn la Hépubliqnr. Il c1\t été ,·olonticrs le Monk d'une 11011\elle Hcstauration . ~lais encore fallait-il savoir au p1·ofit de qui elle se ferait. Dans le dou te il se réservait et se complaisait à jouer le rùlc de sphinx. Pendanl que les r'oyalistcs se disputaient la peau dl' l'ours encore vi vant, un troisième chasseur, le P,arli bonapartiste, poussait droit à la bète. Il arnit plusieurs a,·anlages sur ses concuri-tnls. Les blancs inquiétaient à la fois la bourl(eoisie cl la population des campagnes : les orlennist,,s étaient trop meul'lris de leur chuto 1·écentc pour remouler ouvertement au pouroir d'oü ila et~iont tombés de fa,;on AÎ rapide cl si rudf' : le c·t~:,arismf', lui, avait un manteau de gloire sur les souvenirs de ses méfaits plus anciens; puis il étail le lerme naturel de l'é\'olutiou qui s'accomplissait. C'est une loi de l'his toire que les guerres civiles cl surtout les gue,·rcs sociales roucentrent le pou\'oir

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