202 HISTOIRE SOCIALISTI! toircs, ils tentent d'opérer entre eux ,111e fusion. L'Eglise catholique préside ù celle rfronriliation cl Montalembert leur signale le péril qu'ils courraient à :-:e quereller sous les yeux de la démoc1·atic rnontantc. Cette u11ion ù l'abri du JlJ'incipc d'autorité se fait natu1·cUcmcnt autour tlc ceux qui représentent le plus 11cttcmcn1 cc prii)cipc. La branche cadette doit s1 h11milicl' dc\·ant la branche ainée. Le roi légitime, d'après le droit ancien, c'est Henri V de Bourbon, comte de Chambord, duc de Bordeaux. Le hasard veut qu'il n'ait point d'enfants. llen,·i V, ,·éinstallé sur le trône de ses pères, pourrait donc adopter comme héritier de sa couronne le petit-fils <le Lo11is-PhilippC',cc comte de Paris c11co1·c enfant, qui, ainsi que le comte de Chambord, commence sa ca,..-ièl'e par l'exil. Le Roi est pieux jusqu'à la dévotio11; mais justement l'enfant \'ÎC11l de faire sa prcmièl'C comrnunion en grand(' cérémonie et les estampes royalistes ont eu soin de faire connait1·c il l'univers cette rentrée solennelle dans le catholicisme pratiqunnt de la dynastie jadis rnltairie11nc. L'existence de Louis-Philippe,« l'usu,·palcur de 1830 », po111·1·aiêttre un obstacle:, l'oubli des rancunes: or. il meurt à Claremont le 26 août 18;;0, et des politesses, que la mort rend faciles, s'échangent entre les deux branches de la famille royale. Il semhlc ii cc moment que rien ne s'oppose, dans le monde royaliste, il une re.;tauration, et Jlcnri Y, venu de Frohsdorf, s:l. résidence ordinaire, ù \\ïesbadcn, y rc~·oil une députation française où fraternisent des gentilshommes, des prètrcs, quelques négociants, des paysans vendéens, même des 011,TÎC1'ps arisiens cl trente-six représentants du peuple. l\'lais on s'aperçoit bien vite que les principes et les l1·adi1ions sont, à certains moments, plus forts que les ambitions cl les intérêts. A l'instant o,, les blanrs, parfait~ antithèse <les rouges, semblent prt'ts it triompher en s'unissant nux rnonarchistes lricolores, la grMse question qui a diYisé les Orléans et les Bourbous reparait i, l'improvisl~. Souveraineté du Peuple ou souveraineté du Roi 1 Droit populaire et électif ou droit divin au proÎlt d'une famille élue par le Scigncur: 1 Les Orléans. dont!~ chef s'est intitulé Roi des Français par la grùcc de Dieu, ont consenti et ont dii leur fortune à un mariage entre les cieux principes opposés. Leurs partisans tiennent it ce système bùtarcl qui leur parait une concession indispensable au libéralisme moderne. Une partie même des légitimistes, La Rochejacquelein en tète, défend l'appel au peuple, veut 1·etremper l'autorité royale au flot viviÎlanl de la volonté nationale. !\lais ,:clui dont la _parole fait loi, le chef de la maison de France, nç veut pas renier ce qui .est sa raison d'Nre cl la base de ses prétentions. li condamne la doctrine, qui, en voulant soumettre son pouvoir héréditaire à la consécration populaire, le subordonne, l'amoindrit, l'humanise. Pour plus de sùreté, il <'Onfiwcà cinq personnes seulement, qu'il désigne, le droit de parler en son nom. Les politiques dn parti, les Falloux, les Vatimesnil sont consternés. « C'est notre \Vaterloo », s'écrie l'un d'eux. Et de fait, tout es\
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