Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

r HISTOIRE SOCIALISTE 11 Mais rien ne Tévélait mieux le dissentirnc•nt <•xi,tant parmi les membres du gouvernement. Où la majorité disait : charité, la minorité répliquait : justice. 'La politique du gouvernement provisoire sur la question du travail tient tout entière dans ceite opposition. CHAPITRE TI \.'ACCUEIL PAIT A LA Rli:PU8LIQUE EN f'RA:\ct: ET A t."t:TRA~GER J'ai montré lt·s premiers symptômes de la lutte des classes au lendemain du 24 février; mais le tableau serait incomplet et faux, si je ne faisais voir la contrepartie, l'union apparente des classes dans ce matin ensoleillé de la deuxième République. Je ne crois pas qu'il y ait jamais eu au mondo éclosion plus luxuriante de rêves fratemels et d'enthousiasmes candides que dans le printemps précoce et chaud de l'année 1848. Le peuple de Paris, peuple théâtral, s'il en fut, peuple ami des spectacles qui parlent aux yeux et du drame palpitant qui parle au cœur, [ut pris d'une ivresse de bruit, de mouvement, de Yic. On l'eût dit frappé d'un coup de soleil qui exaltait toutes les têtes. Quel changement aussi en quelques héures !Toutes les libertés conquises à la fois ! Liberté de tout imprimer et de tout afficher! Liberté de se réunir et cl,• discourir en public sur tout sujet! Liberté de s'associer et de voter des ordres du jour en des diminutifs d'assemblées législatives! Liberlé de dérouler dans les rues de pittoresques cortèges aux bannières flottantes! Liberté d'entouner à gorge déployée• la grande Jllarseillai,e • et ce Chant des Girondins, qui, par une transposition très paTisicnne, sort soudain du théâlre pour entrer dans l'histoire! En tout cela une fraîcheur et une douceur d'aurore. Chez les vainqueurs une foi naïve en la naissance d'une ère nouvelle. Une volonté arrêtée d'en être dignes. Une bonté large rayonnant sur tous les opprimés eL aspirant à leur porter la délivrance. Un épanouissement superbe de fraternité. li, semble que l'on nage da,13 une mer de lait. Ceux qui trempèrent alors leurs lèvres dans le breuvage enchanté de l'illusion en ont gardé, durant toute leur existence, la saveur grisante et le regret attendri, même quand au fond de la coupe ils avaient bu l'amertume et le dégoût. On pourrait définir la Révolution de 1848: le romantisme en politique. Ce fut un déchaînement lyrique des imaginations, une débauche d'idéalisme. li est naturel qu'un poète, comme Lamartine, soit un de ses conducteurs et qu'il dise dans une réponse aux étudiants: • Nous faisons aujomd'hui la plus sublime des ·poésies. • · l;e qui permet. ce vagabondage dans l'azur, c'est la trève, disons mieux, l'évanouissement momentané des partis. Louis-Philippe s'est piteusement enru, ~one Alffflt ~- '81lbMolrc:a ~ BiaTJl1l

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