12 HISTOIHE :,OWALJ:,TE et, au dire do Tocqueville, il n'est pas plus question de lui • quo s'il eût appartenu à la dynastie des Mérovingions.• On s'est gardé d'arrêter Guizot qui est allé le rojoindro en Anglotorre. Tous les serviteurs des puissants d'hier se trouvent mués en répul,licains par un coup do baguette. C'est à qui se ralliera à la Répu• blique avec le plus de fougue et d'éclat. Los gros banquiers, Rothschild en tête, souscrivent pour les blessés do lévrier. Les dignitaires de l'Eglise protestent do leur amour évangélique de l'égalité. Dos religieuses offrent leurs couvents pour) installer les invalides du travail. Des duchesses, avec les lemmes des nouveaux maitres du pouvoir, organisent d~ssociétés d'assistance, des Fraternilé8, contre la misère. La magistrature, l'Université, l'armée, d'anciens ministres do la monarchie, closfamiliers et des fils du roi déchu, des princes de la famille Bonaparte s'inclinent avec déférence devant la majesté du peuple. A peine quelques légers désordres, vite réprimés sans effusion de sang. Jamais Révolution ne fut moins sanguinaire. Cc qui domine dans la grande villoenfiévrée, c'est une sorte d'anarchio hon enfant. La foule use pacifiquement son besoin d'agitation à planter des arbres de la Liberté. On les enrubanne, on les promène en grande cérémonie, et dans la procession les membres du clergé fraternisent avec les élèves des Ecoles et les gens des laubou,·gs, les chants d'église alternent avec les refrains révolutionnaires. Partout dans les fêtes et les discours revient l'appel à l'entente amicale des classes, l'allusion à l'unive,selle harmonie des intérêts. La secousse ressentie par lescerveaux suscitait encore des démonstrations sans nombre. Qui dira les mille délégations allant porter au Gouvernement provisoire leurs sympathies, leurs vœux, leurs doléances, et rapportant en échange de bonnes paroles ou quelque couplet mélodieux de Lamartine, le grand orgue de la Révolution? C'est un défilé d'Anglais, de Suisses, de Grecs, de Hongrois, de Norvégiens, de Bclg,•s,d' Irlandais, d'llaliens, de Roumains, de Polonais, etc.; l'Europe démocratique, par la voix de ses enlauts résidant ù Paris, salue l'avènement de la démocratie en France. Tous les groupes et toutes les couches de la population, depuis les Consistoires protestants, les israélites et les membres des fabrique~ catholiques jusqu'aux élèves des écoles ot des lycées, jusqu'aux invalides, aux tambours et aux sapeurs-pompiers, haranguent et sont harangués tour à tour. Mais cc qui frappe surtout, c'est un réveil de la vie corporative; on dirait que toute l'armée du travail vient sc lairo passer en revue, qu'élle se souvient des temps où chaque méticl' avait sa place d'bonneurdans les cérémonies publiques.Compagnons charpentiers, dont la société est contemporaine de ces âges lointains; porteurs d'eau et employés des messageries nationales, destinés à disparaitre bientôt; travailleurs et travailleuses des petits ateliers, bijoutiers, marbriers, peintres en bâtiment, selliers, culottières et giletières; ouvriers de la grande industrie, des chemins de fer, de la Compagnie du gaz, des ralfineries de sucre, des fabriques de produits chimiques, des usines Derosnes et Gail, sc relaient, semble-t-il, pour ne pas laisser oublier en haut lieu que le quatrième Etat réclame sa place au banquel de la vie.
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