Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIALISTE touchait gurtoul at1,\. ,h~ux aulrcs ord1·es c1·cnsciq-n('n1(•nl. On n·cut pas le temps <le Il' mcl11·e sui· pied. 011 se contenta, dans cc dom3inc, de <létruÎl'C, san:-::rr111placC'J..' \ucunc suite nr fut do11nl·c au dessein que Cal'not a,·ait annoneé de cl'écr un Athénée libre; 011 voulait bien let c·esl la philosophie de <'Cqui s.c pa:-.sc alo1·s donnf'r. sui,·ant l'rxpl'ession de Yc11illo1, la liberté du bien, non celle du ruai. En rc,·anchc. on allaquc r,::colc d'administration quïl a,·ait fo11tll·c. 1-:lk déplaisait ;1 la bourgeoisie. parce que les cours y t•taient gratuits et que k diplôme de sol'lic devait as:-.urcr aux élè,·cs des <'mploi~, cr qui rcncl1·ait la ront·u1Tc11c·e possible aux enfant~ du peuple avec Je:-. fils <lr famille. c·cst pour le nH~me motif qu'il y eut opposition, quand on d<"ma11da la gratuité ptHII' le:--grandes 1::colcs : rllc fut quand mème accordée p01111' -i::colc:\01·111aleSupé1·ie111'l'p, l11sdi rn('ilcmcnt pour r,::cole Polytechni<Jue et pour celle dC' S.1int-Cyl'. ~lais on la l'CLirait hicntùt à ces .deux derniè1·es et on la refusa;', la nouv(']lc fo11datio11. On lui rqwochait de po1·tcr les esprits \'{'1':0- ]es t:'tucl<·s de politiqu<· cl d'ét·o110111ic sociale qui pas:--aicnl pou,· sentir le fagot. Falloux l'alla<p1a de,·:\nt la Con~tituante en disant qu'il n'y avait pas assez de plan~s pour po111·,·oir les (·lèn~s sorla111s: quï11stallcr dans Pru-is, foyer de toull's les pa~~io11s, une ét.·olr c.lL· c·c genre, ,·'était exposer la jeuncs~e ;, dt.•s l'Xl.'itatio11s n1t"1lsaÎ11l'S. Il proposait, pot11· l.1 rernplacer, des eou,·s d(' droil administrntif qu·on crc'·erait da11s les Fae11ltés. Les cou,·s 11c fur(•nt pas i11s1it11és; mais r1::cole d'admini:;;tration disparut. Il ('11 fut de 111èmc des i11110,ations tentées au Collège de F1·ance. Du reste, malgré \ïcto1· l lugo qui p1·otcsta <·onlrc-cette- 1(éco1101nie de gloire )).le budget de l'enscignc-mr11t supl"t·icur fut notablement diminué, pendant que celui des cullC's élail augmenté. Il fut décidé, par exemple, qu'un pt'ofcsseul'; fùt-il le plus r.r1·a11dsa,·ant du pays, ne pourrai!, nH'.rne en occupant deux chaires, dépasser 1111trail(•1nent de J2.000 francs, alors que le traitc111rnl de l'archcn,quc de Pai-is était ""porté i, 40.000 francs. ~lais le régime, sous lequel virnicnt ➔es Facultés, quoi quïl ne pût échapper i, lïnflltration de l'esprit clfrical, 11c fut atteint que de fa~on indirecte: les changements pol'tèrent plutôt sur ]es pcl'sonncs que sur l'organisation. Hcn·nons aux d<'ux projets qui sorlircnt des délibérations de la Commission extra-parlemc11tai1·e. lis se fondi1·ent bientôt en un seul que Falloux l'édigea el se h,\ta de uépose,· le 2:J juin 18',0 clans les jours do réaction fiéncusc qui sui,·irent l'échauO'ourée des Arls-et-~léticrs. li rencontra aussitùt deux SOl'tcs d'ath·crsaircs J. . D'une part il opéra le miracle de réunir contre lui tous les républicains, mème les phrs modérés, qui eurent peur de ,·oir la pensée fran~aisc retomber sous le joug de l'Église et rétrograder jusqu'au-dclit de l'ancien l'égimc; d'autre part il irrita les catholiques intransigeants, pal'tisans du Toul ou J/ie11, trompés ou révoltés par les trop subtiles 1. Il provoqua au1,;i lt'i réclamalioos de8 Protestants et des hraëlite8, au nom de 1'4i1a1lt4de• eu:'" 1'80::0llOUS,

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