Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

JIISTOIRE SOCIALISTE 183 dt,. toulrs ks congr~gations ù enseigner. En l'c"pèc<' il s'agissait '1.t11·toul des Jésuites. chassés par une loi récrnlc. Thiers el Cousin règimhcnl. :\lo111alembe1·t s·armc d"u11c phrase de J. Simon:,\ La République ... ne ronnait pas lc-s col'porations ... : elle ne voit drvanl clic <1111<.l·<•s pror('~~curs. » Uupanloup insiste. fait obscrvrr que, si l'on acco,·dc i, tout F1·a1H,;ais ,lgé de ,·iugt-cinq ans la libcrtC de fo11drr un ('tablisscincnt crl'nsrignemcnl sctou- <lairc, il n'est pas pos~iblc d'en écartc1· une catégo1·ic de citoyens plntùl qu'une aut1c: que toutes les sectes, mè1nc crllc des quakers, t'tanl autoris<'-<'s, on nr peul mctt1·c ho1·s la loi des gens <i parfaitement innocents de: Ioules les accusations portées contre eux. >, l:ahbl~ l'emporta sur tous les poinls. ThiC"1's, pr('11t111Lle br.1s de Cousin, s'écriail : (l Il a raison, rabbé. Oui. nous twons co111b.1ttu contre la justice, cont,·e la w•rtu. ~ous leur dC\'Ons répa1~tion. " Et il accepta les Jêsuites il conditio11 qu'on ne parll~r,1it pas d\~ux.. JI disait aussi, et c"était peut-l~tl'C plus franc: 1( l.a société ,·aut bien rPui,·eJ·sité. Il Le 1nojc-t accordait tout cela rt même da,·anlag-e. Lï::glisr ohle11ait plus que la libcrtl': h· priYill·gc. Le diplùmc de l,aehelicr·, cxigt; de qui nrnlait foud~r uu établisse-ment d'enseignement scro11dairc, p<Hn·nil l~t1·c 1·crnplacl' p:u· un Jl1'e,·c1 dr capacité que clélivr·crait un jury spt~cinl oÎI dl•,·ait toujours :figu1·er 1111ministrC' du culte. De plus, l(•s (•tahlii'-srmcnls lil)l'('S pouvaient -ubtcnirdf', comruunes, des départements d de l'l::tat unr subvention cl des Joeaux 1uis dans les bùtime11ts qui avaient l'té attribués à rUnivC'rsilé lors de sa foudatiou. Lï~glise se prépa1·ait à hél'itcr de son <-nncmic abattu<'. L'eus-eigucmt"'nt secondaire était ainsi atteint ù son tour et menacé dan~ sou a,e1111'. Yatimesnil allait demander que l'enscignemcnt de l'hi'.itoirc et dr Ja phjJosOj)J1ic flil co11fo1·me aux dogmes de l'l\:Iisc; dr La-;tcyric que celui ,Je la philosophie fùt supprimé dans les lycées. l.'abhé Ga11111c, dans un gros volume, <leuo11\°ait ce quïl appelait: I.AJver rongeur des socil!ti:s 111od1.:nies; cl e'était l'esprit de l'antiquité classique. qui, depuis le xn" sil·tlc, a,·ail encouragé le raisonnemC'nl iudépcndant; c·t~lait le libre examen, fils de la Renaissance, pè,·e <le la Héforme, et manifestement inspiré' dn démon : « car Lucifer fut le premier protcsla11t »; c'était 1t le paganisme soçia'Jisle » de ces anciens qui n'a,·aicnt pas été capables de donner une hounc définition de Ja propriété. ll fallait christianiser l"enscignc•ineul des auteurs païens, quand on ne pou,·ait pas, ce qui valait mieux. les remplacer pal' les .ictes de• Jlartyrs ou les Ou\·rages des Pêres de rtglisc; il fallait, en un mot, élargir la brèche par laquelle "le christianisme rentrait dans l'éducation. On pouvait s'en remettre aux Conseils, quïnsliluait le nouveau p1·ojet de loi pour répondre à ces désirs de l'abbé Gaume, cl il su(lit de jclc1· un coup <l'ccil sur les programmes des lycées et collèges du temps pour constater que 1< les classiques chrétiens » y prirent une place considé1·ablç. Un projet sur l'enseignement supérieur devait complt'.·ler l'œnvre qui.

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