182 IIISTOIHE SOCIALISTE cultes qui ,·ou<fro11t y cnlrcr pour y surveiller l'enseignement religieuse astreints à fai,·c •·épélcr le catéchisme et il conduire.les enfants aux Qflices; tel est le bilan de la Joi nouvclJc, c11 cc qui concc,·nc l'cnsc·ig11cn1ent primaire. Elle le réduisait i, l'humilité et i, ln plus parfaite subordination ù J'égn,·d de ln classe l'i<'he cl du clergé.• La liberté d'un tel enseignement, disait Dupanloup, sera toujou,·s la liberté du dévouc~ient. • Pour l'cm•cignemcnt secondaire, réservé pl'csquc uniquement ~,la bourgeoisie, l'altitude des partis ne fut pas la même. Ici, dans la Commission, Thiers est i, gauche. Les fils de la classe dominante n'ont pas, suivant lui, besoin du m~mc frein que les enfants du peuple; la religion, nécessaire pour les derniers, Ill' l'est pas pour les prcmic,·s; leur intél'èt suffit à les écarter des théories socialistes. C'est pourqu-oi, bien qu'un certain nombre d'économistes - Bastiat, par exemple - signalent les bacheliers pauvres comme des déclassés aussi dangel'Cux pou1• l'o,·d,·e social que les petits faubouriens, hien qu'ils pressentent la formation d'un prolélnl'iat intellectuel pouvant scr\"Îr de guide cl de pot'lc-pa1·ole i, l'autre, les Unh·orsitaircs de la Commission, Cousin en pa1-ticulier, estiment que l'enseignement classique - enseignement do classe, s'il en fut, - doit l'ester ,, peu près tel qu'il est. Thiers s'emporte contre la création de toute école professionnelle, qui rabaisserait ln classe aisée au travail manuel. C'est bon pour faire de petits Américains; mais, en France, vivent les belles-lettres qui sont les bonnes lettres! Il prétend du moins que l'l~tat a le droit de frapper la jeunesse ù son effigie; il défend le certificat d'études comme une garantie contre ceux qui, soit dans des écoles libres, soit mc'me ,, l'ftrnng,,1·, :1Fribout·g, par exemple, oü enseignent les Jésuites, pcu,·cnl apprendre à détester les institutions de leur pays. Mais Dupanloup, qui a le don de charmer Thiers par la souplesse d'une éloquence insinuante, se <·hnrgc de rnincro sa résistance et de négocier une transaction, une sorte de Concordat, suivant le mot que hasardera Montalembert. li pose qunlt:.c conditions 11l'en lente: D'abord, au nom de la liberté qu'il réclame, « non pour les dubs •, cela va de soi, mais pour t'liglisc, suppression de cc certifient d'études qui est une vainc et parfois fausse estampille offi<:ieille sui· les candidats 3.U baccalauréat. Puis, abrogation du décret de 1828 (un décret de la Restauration!) qui astreint les petits séminai1·cs ü no 1·cccvoit· qu'un certain nombl'c de futurs prètres portant dès Ic,,r entrée la soutane; leur transformation en simples pensio1rnats ccclêsiastiques, ayant les mêmes droits que les lycées et collèges, mais placés sous la direction oxclush·c des é\'èques. L'~:glise compte, pour leur fournh· une clientèle, sur la COO\'Cl'Sionde la bourgeoisie et sur l'idée génoralen1ont $Cceptée que l'État doit Yendre son enseignement et le maintenir chet·, pour en tirer une recette appt·éciable. En troisième lïcu, permission nux directeurs ol pl'Ofosscurs d'établissements libres de n'avoir pas les mêmes grades que ceux des établissements publics. Enfin, admission
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