IIISTOIRE SOCIALISTE 175 <4u1on renonçait ainsi à lutter avec les écoles C()n~réganistcs qui étaient gratuites. On était aussi forcé de confesser qu'on manquait à rcngag("ment inscrit da11s rartic1c 13. ~lais on se tirait d'embarras par un a1·tificc <l'interprétation. On feignait de croir·c que )a grnluilt.·· promise p;u l'J'.:tal l'êtait seulement aux indigents et l'on trouvait quC" c'était u11c charge assez lourùc, puisque sur 5,500,000 enfants 1,j00,000 <lm·aicnL en bénéficier à cc tilrc. L'obligation, quoique attaquée au nom <le la Jil,crlé des peres de fami~c, était maintenue quand même comme un mal nécessaire. Dans le programme, « à l'unanimité cl sans discussion )1, la Commission avait rètabli l'instruction religieuse. L'instruction ci, iquc avait paru dangcl'cusr; mais encore ,alait-il mieux la mettre sous la sur\'eillauC'e de ri::tat qur de la laisser se faire à l"a\'entnre, « au nom de ces doctrinc::i dt•sor~ani:--all·iccs qui sonl d'autant plus redoutables qu'elles se cachent. • .\ l'ens1:igncment élémentaire Je l'hygiène cl de la gymnastique ùn C:,pl'rait pouvoil' joindre des exercices militai l'es. <:omrnc en Suisse. Une <'('l'tainc défiance perçait it l"égard des instituteurs dont la nomination était remi~e aux romiks locaux et qui cessaient ainsi d'être <lrs fonctionnaires dï::1at. On les invitai! ü 11·a\'0Îr point d'ambitions p1)litiqucs, ù rép11dic1· 11. ces doctl'i1ws pcn·crses qui peuvent compromettre et dêtrui1·c la soeiétë •, à se régie,· sur la loi natiunalc comme sur une « sorte <le consigne •, et, pou1· plus de s1ircté, on Jc11r imposait lors de leur installation u11 scrme111. On prt·,·oyait <·<'pendant pou1· eux des couri- <le perfcctionn(•nwn1 et des (·onfé1·cnce~ n\;-ulièrcs où ils s'ocruperaienl rn commun de~ questions inlércs:-ant leur profcs:-iion. Le projet, ,isant à t.~lre un Code complet pou,· renseignement primaire, y distinguait trois degrés : l'école matcr11elle de 2 .i 7 ans; l"é('ok communale de 7 à 111; l'école primaire ~upCricur(' de 12 â. l7. ~lais il laissait subsister lïnt.'galilé ll'aùitionnt.'llc entre l'enseignement <les filles et celui des garçons. La dépense de,ait ètre ainsî répartie: J.) 111illions aux communes, ï aux départements. ::, seulement li l'Etat. Cerles, des concessions t1·ès graves a,·aicnt clé faites aux t:atholiques: le catéchisme, mis hors de l'école par Carnot - ce qui a,ail élt! la pr·incipale raison de sa chute - y rentrait triomphalement; les 111i11istrcs des cultes retrouvaient une place obligatoire dans les Comités de sun·eillancc cl dans les Commissions d'examens; la publicité de ces examens était restreinte pour les aspirantes r·eligicuses. ~lais on a\"ait légèrement renforcé les garanties proposées par Carnot à l'égard des inslilulcurs prirés, cl puur l'ou,crture d'une école libre on exigeait une triple déclaration donl les d,'lais laisseraienl à Loule opposition la faculté de se produire. Le pa,ti catholique trouva les concessions qu·on lui faisait insuffisantes et les prCcautions qu'on prenait contre lui e~ccssives. Anssi, dès son arri\'ée au pouvoir, Fallouxs·emprcssa-L-il de retirer ce grand projet patiemment élaboré (1, Ja,H'icr 181 ,9), el, sans se soucier des travaux de la Commisaion parlementaire, de nommer lui-même
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