161! HISTOIRE SOCIALISTE doute! ~lai, ou était la profonde coupure qui empêche le retour en arrière? Pour ren~rigncment secondaire, on a,·ail transformé les rollêges royaux en lycées, on les a\'ait placés sous lïnrncation des grands noms de la littérature ou de la première Hépublique; on introduisait dans leur programme l'histoire de la Hé,·olution. ~lais on ne touchait pas à leur organisation; on ne décidait 1·ien sur le débat pendant entre l'l::glisc et l'Uni,·ersité. Toutefois Carnot ne répudiait pas l'équivoque formule de la liberté de l'enseignement. La gratuité en cc domaine n'était point proclamée ni promise pour un avenir prochain; seulement, par des examens et des concours annuels, les meilleurs élè,•es des écoles primaires dc\'aicnt de\'enir boursiers dans des ateliers d'apprentissage, dans des écoles d"a1ls cl métiers, dans des fermes modèles et dans les lycées. Chose remarquable et qui 1ral1issait son édncation bourgeoise! l.1cnseigncmcnt supérieur était celui qui avait le plus immédiatcnwnt atti1é la sollicitude du ministre. Il commcn,ait par établir la gratuité à Sain1-Cy1·, à l'l~colc Polytechnique, Îl l'l::colc :\'ormaie supérieure, petit cadeau à la bourgeoisie pour lequel on n'attendait pas le rntc du bmlg-ct. Il autorisait Ortolan à faire à la Faculté de droit un cours sur les principes du g-ouv('1·11cmcnl républicain moderne. Il modifiait surtout très séricuscmC'nl le système pratiqué au Collège de France, qu'il considérait comme un champ d'expériences des innorntions pédagogiques. Il entendait y créer• l'étude approfondie de la politique». - Et certes il y avait une compréhen!--i,,n juste des vrais intérêts d'une d(;mocratie dans cet effort pour analyser cl faire saillir, au grand jour les ressorts de l'évolution sociale. ;\lais l'exécution ne 1·épondait pas it l'intention. li fondait onze chaires cl en supprimait cinq. L'une des chaires supprimées était celle d'économie politique, occupée par ;\liche( Chevalier. On lui reprochait d'être l'expression d'une seule école chère aux capitalistes, celle du laisse;; faire, dont les doctrines contestées usurpaient de la sorte une autorité officielle; pour que la neutralité scientifique de l'l~tal frit respectée, il cùt fallu que l'on entendit i, côté la cloche contraire, celle de l'économie sociale qui sonnait en faveur d~s ouvriers. ="lais, comme on n'osait pas instituer ce duel d'idées à armes égales, on s'efforçait de remplacer une prétendue science de principes par uu relevé cl paru ne histoire des faits cl des théories économiques. Le danger était de morceler ainsi, au détriment des vues d'ensemble, un enseignement qui devait passer en rerne la structure et la \'ic des sociétés, de séparer par des cloisons étanches les notions qu'il devait donner sur le mouvement de la population, les mines cl manufactures, les travaux publics, les finances, le commerce, connaissances éparses qui ne pouvaient être vhrifiées que par leur rapprochement. Aussi p1·évoyait-il des chaires de portée plus vaste (droit international, histoire des traités, droit privé, histoire des institutions adminislrati\'es et financières etc.) l\lais il les. confiait à des hommes qui s'appclaicnl Lamartine, Ledru-Rollin, Gamicr-Pagês, Marrast, qui ne pou-
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