Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

162 IIISTOIHE SOCIALISTE: tnient dr C'Ollaborc,· :'1 l'œuvt·e de l'l~tat, à condition d'avoir la haute main tlaus ses collèges, tle surveiller el de tcni,· en bl'ide ses professeurs. En ,·éalit(·, lorsqu\'clata 111 H<'\·olution de 181,8, 1'1~1-(liscet l'Université avaient chac1111cJrur part dans l'cnsc·ignerncnl. l.'écol(• primai,·c publique n'était ni laïque. ni gratuite, 11i ohligatoirc. La bourgeoise avait poussé mollement l'instruction populaire. Elle Ll'ouvait que c'était une gên(" pour l'induslri<' accoutum(·r ,-_C"mployrrles enfants très jeunes, nn dangC'r aussi pour· sa propre domination.parce r111c t'1 r1ait évcille1· dans les cœurs l'ambition du micux-l·trc, risquer de foi l'e <les raisonneurs et des dt~rlassés. S;1ns doute, en l8l17, il u'y av;-1itplus que 2,000 communes sans t.'•rolC' et le nombre des élèves s'élevait, d'après les chiffres off1cicls, à :1.;;:101. :1:,. ~lais il faut se défier des mirages de la statistique. Dans ll'S villages la mau\'aisc saison était la saison d'apprcudrc; l'école se remplissait; au temps des longs jours la fenaison, la 1noisson, les vendanges réclamaient de petits lravaillr,11·s supplémentaires: l'l;colc se vidait. En tout tcmps,les gartons fo1~11aienl la majorité; l'on en comptait :H contre i:1 ftllrs. L'instruction s'arrêtait à l'âge de la premiè,·e communion, 1:2a:us pour les uns et 1L pour les autres. Du reste les FrCres de la Doctrine ch ri-tienne et des Sœurs cl'ord1·es \'ariés avaient une large place d:,ns les campagnes et dans les fauhourgs. Î.cs écoles congréganistes attiraient habilerncnt p;\r un<' gl'aluité presque complète; et puis il était cnnvrnu, par une sorte d'accord tadte, que la direction des esprits féminins revenait. ù l'l;:glisc. Des H).I, Il, écoles de filles qni existaient en France, presque toutes étaient religieuses. Les résultats obtenus peuvent se mesurer par le nombre de gens qui sa\'aient lire et écl'ire. 11 variait suivant le se.1:e, l'dge, la résident·e, la région. l.cs femmes étaient partout moins insll'uites que les hommes, dans le midi en particulier. La proportion de celles qui a,·aient des connaissances rudimentaires y descendait à 10 P-1 à H 0/0. Dans le canton de Carcassonne une Enq,u'te qui date de 181,8 dit brutal;;menl, • Les femmes ici ne savent pas tenir une plume». Comme il est naturel, les enfants étaient moins ignorants que les adultes. Pa-rmi les premiers, le nombre de ceux qui savaient lil'c et écrire montait souvent à 80 0/0; il ne descendait guère au-dessous de n 0/0. Parmi les jeunes gens de vingt ans, la porporlion était beaucoup plus basse, soit qu'ils eussent oublié le peu qu'ils avaient appl'is, soit qu'ils appartinssent à une génération qui n'avait pas trouvé il sa portée les mêmes facilités de s'instruire. Les conscrits - de LSl,6 à 18.;0 - arri,·cnt ;1une moyenne de 611 0/0. li va de soi que pou,· les gens plus àgés cc chiffre baissait encore. Les villes - o,i pouvbit s'y attcndl'c - passaient bien avant les campagnes; les travailleurs industriels, avant les tra,·ailleurs de l'agriculture. Les ouvriers de Paris alleignenl une moyenne de 87 0/0, et l'industrie qui présente les chiffres les plus faibles, celle des fils el tissus, y parvient encore à 79 0/0. Dans le reste de la France, la proportion va de 00 0/0 à '20 0/0 pour le•

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