Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

., HISTOIRE SOCIALISTE l(il d'rnscigncment : cnscigncmr11l p1·i111airc t·ssenlicllrmcnt destiné au peuple'; enseignement ~ccoudairc s'adre~sanl i1 la classr moyenuc: enseigncmenl supérieur rés(•rvé à une petite élite. en g-énér:,1 ù c·c•uxqui ,·otilairnt enlrcr dans le:,; earril·res dites libérales. 1-: 11 fa,·r de l1 t · 11ÎYr1·sitl· ~l' dressait l'J::glisr ra Iholiq11<.',inton~ola hic cl'a roi 1· J>t·rdu le monopnlt· qu'ellr. anlil po:--sérlé jadis de distrih11cl' Ir :--aw,ir, ('Ontinuant à form1•r se:,; futul'S ministres dans ses grnnds C't pelils sl•minairc:,;, ruai:--d(·si1·C'u~cde 1·rprcndrC" son C'lllpirr s111· les rnfants non destinés aux ordres. nspira11l i111HU'(]UCI' d<" s011 cn1prci11tr des (·ll·,cs ,·011és à la vie laïque-. comp1·r1Htnl que J'éducalion de la jeuncs:.c ronticnl en ge1·m(' 1'a,,cnil'. qur: snÎ\'anl 1111 n•rs cmphaliquc de l'abb(· Gaume: La f{•rulr flu 111;1flrr csl Ir ~1~("plrr ,lu inonilr. Elle a\'aÎl. en eonséquencf'. sous lt• ri·g-n<' dt• Louis-Philippe, altaqut..; de deux f:wons l'Uni, 1crsité. D'abord cil,· a,·ail rc,·('ndiqut: le droit d'enseigner, 11011seulement pour cllc•-1nt.,n1C, mai~ pou 1·tonl le monde: elle sa\'ait fort bien qu'as!-ociation privill~giée, ril'hC par S<'S biens dr 1nai11-morle et payée ("Il sus par l'l::tal, puis~anlP par son antique 01·ganisation et par la prisr qu'elle a\'HÎt erH·ore sur IC's r1·oyants, clic 11c (•0111·ai1aueun risque en fa<·c des laïques, isolés, dl·s:HnH~s. pri\'l·s du d1·oit dl' s'associer. l.a liberté d'C'nseii:ncmcnt était le pendant exact de la libcrt•' de l'industrie ,·éclamée par les pat1·ons. Oc mèmr que ceux-ci. propriétaire!- de la terre, de l'argent, des i11strumcnls de travail. clc1nandaient qu·on les lai:istit lihrerncnt lut tel' sur I(' trrrain i-<·onomiqur a,·ec les ou\'riers dén1u~s de tout, même de la pel'rnission de se réuuir rt de !-C C'Onre1ter, dl' rnème lï\,lisr appelait dP srs \'ŒUX sur lt~ terrain des idées une lutte oi1 clic ne rcrH'Olllt·crait plus en face d'ellr que des indi,·idu!1- êparpilll's rt i.mpuissanls i1 lui rêsistcr. C'est (•ontre cette liberté menteuse que ThiC'l'S - en ses jours de libéralisme - s'était éle,·C en disanl ; "'Si le clrrgé-. commr tous les citoyens. Sons les nH\mcs lois, veut ro11co111·ir ù l'éducation, l'Îcn de plus juste. ma_is comme individus, à égalité d(• co,ulitiow,. pas aut1·emcnt. \'eut-il autre (·hosr ~.\lot·~ il nous est impossible d'y consentir ... » ~1ais, depuis pru, r1::gli:.c usait d"111H· autre tactique: elle semblait t1·ou\'Cr plus avantageux, an lieu de J'C\'endique1· la libre concul'l'cncc, dr réclame!' le pal'tag-c a,·ec 111::tal du monopole de l'enscignemc11t. :\lontalcrnhcrl. qui avait commcnct~ par soutcnil' avec Lamennais, la thèsf" de Ja lihr1·lé pleine et entil·1·c pour Lous, disait en 18/1~: (( L'l~g-lise n'e$1 pas clans l'l::tal. pas plus que l'l::tat n'est clans l'l~glisc: cc sonl cieux puissances collar,:,·ales, souveraines. i,u.léprndanlrs, chacune dans son donrnine. L'l~gli::-o est l'alliée de ri::tat, non sa sujette. >1 Il s·ensui,·ail que l'l;:g-lisc voulait l-!1·e sur pied d'égalité a\'C'c le pOU\'OÎ1c·ivil; qu'elle entendait pa1ticipe1· aux mêmes p1·érogativcs que l'l!niversité. Ces deux conceptions se mêlaient et parfois se heurtaient parmi les catholiques. Les intransigeants ,·oulaient la liberté intégrale, tout ou rien; le, autres, moini;; violents. plus politiques, accep~

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