Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

LllSTOIHE SGCIALISTE d'une clu,umière de la 1·endée1 l'histoir<' d'une faniille dllageoisc qui a fait fol'tunc par les choux C't les 1·aves, bien autrement utiles que loul le fatras <l<"ssociali~tes. et pour eo1nbalt1·c ces novateurs, qui osrut c-ontraricr l"cPu,Tc de Dieu e11 touchant à la !-.Odétt!organiséf' d'apl'ês des l'èglcs étC'1·ndll"s, iJ rPcornma11d<· de lil'e un :HIii'(' pf'til livre du mf•mc rnarét·hal Bugeaud. Sa poli• 1iq11c ~o,·ialc• se résumr en telle plnasc: « Les 1·ichrs 11c son! que les admùiis• /rotertrs, lf's luleurs, les direcl<'fll'S des ptHI\TCS. et il est CYidenl que Dieu a pc1·1nis qu'il ~· en ait pour qu'ils jouent<'<" r6le. 1, Thiers i1 sou tour f /Ju Communisme/ soutient que l'on Il<' fait pas sa part au communisme, qu'il prend forcémenl toul l'homme, qu'il entraîne k travail, la jouissance, la ,·ie en commun. qu'il {>teint l'activit~ huniaine, s~1pprime la liberté, cl aboutit au suicide chrélieu du COln-ent. Toul cela élail destiné au peuple. :\Jais Pierre Dupont chantait ,·n ce temps-là : Le socinlisme n deux nilel!I, L'Hudiont el J'ounie1·. Il fallait des livres plus graves, plus médités, pour reconquérir les inlellii:ences bourgeoises envahies par le socialisme. Et alol'S l'Académie des sciences morales et politiques. virnnte citadelle des saines doclr·ines, prenait part au combat. Ca,·aignac lui avait demandé d'intervenir« pour pacifier Jes esprits c11les éclairant» : el Thiers énivail son ,·olume : De la propriété, Cousin quelqw .·.:-.pag-ct- :--u1· Jn.-;ticeet Charité. son disciple Damiron un traité d,, la Providence. ,\dolphe Blanqui, !'.\bel du Caïn 1·évolutionnai1·e, Villermé, Charles Dupin, llippolyle Passy, faisaient nnc multiple euquètc sui· la situation de la dasse ou\'l'ièi'e .à laquelle ils prhhaient la patience; :'llignet donna il en exemple la vertu pratique du Lonliomme Franklin ; Barthélemy Saintllila.in· cssarai't d'établir les pr·incipes de la vraie démor·ratie. Le l'omau venait,, la rescousse de la science officielle, lémoi II cette ti,·ade d<' Louis Rey baud dan.s Jér6me Paturot à la recherche de la meilleure.des Hepubligues: «Oh! les infà111es 1 .\voir ainsi déchatn,· sur Paris les l>J'utcs du eaba,·el cl les bètcs fé1·o(·cs du bagne! Pour des syslCmcs ! ~lais, insensés <JUC vous ètCs. ne voyez-vous pas qu·aux yeux de ces misérables, in·es de sang el de boisson:. il 11\ a qu'un système, le butin ... )) Le LhéMrc faisait chorus. Au Vaudc,·ille, qui s'éle\'ail au centre du quartier de la Bourse, on jouait: La'proprièté,,c'est le vol, une pièce réactionnaire de Clairville el Co ..dier, <1ui, quelc1ues mois plus lot, f,ùsaient jouer: Les fille• de la liberté, piè"e républicaine. Et sur la scène, pour que nul ne s'y méprtl, Adam appar»issail lente p~r un sei·penl. .. à lunettes c;ui avait le visage de Prou.<lhon. En province, à LiUe, dans une aull'e pièce inlitulée: A bas la famille! un socialiste po,·lail un toast à l'adultère. ~•lais, par une transition t11ès aisée, les auaques passaient du sociali&mc à la Républic111e. Tous les soirs. au Vaudeville de Paris, on ressassajt l'impôt de• 45 centimes, on raillait :\lessieurs les 2;; francs, on représentait le Peuple fa•

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