Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

130 [l]STOIHE SOCIALISTE ù ,·iyn•. La <"ampagrw menée a,·cr ar<lt>111· aboutit it la propos1t1on Hatc-a11. ÜC'f. le 28 Décc111hrc. un ohs<'Ul' rc-pt'l~scntanl dr la Charrnlc a proposé de fixe,· au 1!1 mars la ronvoeatiou de l'Assemblée lc'·gisl:lli,·c qui lui surc-èdcra. Crh·y, au nom du Comité de la Justice, ol1 lf's voix Sf' sont partagées •··gak· ment, conclut au refus de- la prise ,•n con:-;idérntion. Il pl'olc~te C"ontrc un suicide qui sc,·ait pour la Constituante- un<' clt'.·srrtion de sa t,khc inachen'c. Il essaie. cl la gauche cntièrC' suit q11l•lq11r trmps ('C'lt<' tactique inutilcnH•11l habile, de séparer le Président du parli de 1'01·d1·equi le pousse aux mesures extt·,'rnes. )lais l'Assemblée. après un discours où Montalembert se foit joieuscmcnt son fossoyeur, se prononce pour le rcn,·()Î riux JJurcaux à one majorité douteuse de quatre ,·oix. I.e 25 janvier, un no11w·a11rappo1·l de Crt·vy roncl111 encore au n•jel cl ,·arpcllc i, l'Assemblée qu'elle s't•sl engagée à voler les loi, organiqnrs.qu'clle se doil à ell<'-mêmc c.lc ne pas ac-rcptrr la ,·iolPnce morale qu·on ,·eut lui impose,·. ,tais le :2H janvier, jour assign(! ~, la disi•p~sion, la Chambre csl dès le malin e,weloppéc de troupes. Changal'nier, invilt( par le Prc'sident de l'Assembl,-c à ,·cnir expliquer re di'ploiemenl de fotTC ar11lt·<'. se dl•robr à cette visit(', et <''est sous la pression de cet appal'C'il militaire. mal motivé par la mutinerie de quelques gardes mobiles, que s'engage la délibfration. Aprl•s un brillant. tournoi uratoi,·c qui met aux prises Jules Fa,·rf", désormais champion de la gau(·hc et Victor Hugo siégeant en<'orc i1 droite. l'Assemblée décide de passer à une seconde délibération. Celle-ci a lieu, ainsi qu'une troisième; dans. les premiers j.ours de Févt'icr, et su,· un amendement de Lanjuinais, un J/aten11 modéré (les plaisants direnl ède111é), la Constituante consent I, se dissoudre, dès qu'elle aura ,·oté trois seulement ÙCij Joito'rganiqucs prévues, (Lois sur les élections, s111· le Conseil d'Et~t, sui· la responsabilité du Président et des ministres) el, en plus, le budget de 18',\l. tes élections pour l'Assemblée législaLi,·e sont fixées au dimanche <1uisuivra la cloture des listes électorales. - Ainsi, cédanl it une lassitude pr,'e,w~. s'abandonnant clic cl son œuvre, la Constitunnte. après quelques mois d'existence, se laisse amener à signer clle~mêmc son arrètdc mort. Ce fut uuc des plus adroites mano•uvres de la conlre-réYolution, un des coups les plus s,irs portés à la République. La lutte éleclorale est virtuellement ouverte dès cc jour-là et il ronYient de considérer les ressources et les programmes des partis en présence. La lutte est autrement passionnée que l'année précédente, et, comme il arrive en pareil cas, les nuances inlcrmédiai res s'effacent; il y a conccntrat ion il droite, concentration à gauche. Le parti de l'ordre, qui se réclame du Président et qui comprend catholiCJUCS, orléanislcs, légitimistes, voire quelques républicains, tous résolus ,i 11,• consentir aucune réforme du système économique, a pour centre d'action le Comité de la rue de Poitiers, une Société des Jacobins retournée. Son plan

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