Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHF. SOCIALISTE IH Il n'y tn-ait plus apn:-s c.:tla qu'ù vote!' l'cnsl'mbll'. Toult•fois deux poi111s enèorr sollil'ilaicnt l'attention de l'.\~~cmblér. Elit· nr pi-<'tendail p;1s lél,!'ifére1· pou,· rétcrnih:. t-:lll' a<l1ne11ail qu'on pounrtit rt:Yisc1· cc <1u·cllc a,·;1i1 fait. .'\lais.. 11·op amourC'usc d(• son œuvre. <"lie la !)l'Oll'g<'ait trop contrr se:-. sur<·csseur:--. Une révision ne pou\'ait t~l1'(" décid._;._q~ue da,115 la dC'l'nil·1·c annt.'·r tl'u11e législature, aprl·s trois dl·lih(•l'ations ~u<·<..rssiw·s. a1n. trois qua1·ts de~ suffrages C:\.primés et fpar .;oo Yoi-xau moins. C'était lrti-;:-.c•1u·ne rntrée bien l'lroitr au~.COl't'C'Ctions cl<"l'aH•11i1·. c\:tait prolonuc1· d(• f,u-011 artiflcirllC' el dang-ereusc la durée de tel ou tel artitle, qui pou\'ait tire l'Ondarnnl' par la majo1·i1è ~1·1111c .\sscmbléc cl maiutcnu par une faible 111i11ori1é. C'était ainsi rcndrc-pr('squc iné\'itablc une situation ,,c,·olulionnairc. CC'lle défiance q,._-clle avait des .\sscmblées qui la suinaiC'nl, elle l'a,·ail aussi du suffrngc uni,·crsel. .\u début et ;\ la fin de la discussion, drs r('présentants dc1nandèrcntquc la Conslilutio11 fut sou111isc i, lasan<'tion du pC'11plc. C'était dans la lradition .républicaine: cela s'était fait en 17():l. l"an Ill ('l l'an \ïll. C'était aussi confo1·1HC au principe ù,··morratiquc: car la souverainetl; populai1·l' est au-dessus de la souvc-rainch~ dC's .\ssembléC's qui en êmancnl. Tous ceux qui étaient ml·contcnts de la Constitution se ra('- crochèi-cnt à celle suprt'mcchancc de salut; de~ légitimistes t·umn1r Puys{·g-u1·, des catholique~ commc ~lontalcmbcr·t, des dt~mocrates comme Cambon et el )lat1hie11 de la Drôme se· coalisè,·ent po11r réclamer l'appel au peuple. Héuni~, ib étaient quarante-deux : c·est assez dire· qu'ils furent vai1t('US. 1.a majorite vit dans la p1'oposition cc qui g·y t1·ou,·ait en cll'cl. une manœu\'rc pour ret~u-dcr 01 1 1 cmpl·dter le ,·QtC dr la nou,·elle loi fondamc11talc de la France. Elle ,·ola contre. Ce vote sig-nifiait: ~ous ,·olilous sortir du provisoire, C'est un des graves inconvénic11ls du systi•me parlemcntait·e que le vole y r(>pond souvcul il tout antrç <·hosc qu'il la question posée. 1 I Enfin le vote d<~finitif cul lieu i1Ft:nor111e majorité de 7:m voix contre ;jQ_ Il y eut aussi quelques abstcntio1is. Les opposants étaienl à_ peu près pal' moitié des intransigeants de la, légitimité ou des dérnocrales-socialistes comme Joi~nc;n1x, Cambon, Creppo, Pelletier, Félix Pyal, qui, dans une IC'llre collective. fii'ent gvief à la nouvelle Constitution de ne pas comp,·cndre complètcmenl. la libcrl(· de la pe11sée, la gratuité dP. l"e11sC'Îg-nemcnl, l'abolitiOn de la peine de mort, l'unitë du pouH•ir ('I le droit au tr~n-ail. Il faut leur adjoindre Proudhon, qui dans une lettre assez p<'11clail'C. comme il le confesse lui-même, déclara repousser la Constilu lion, pa1·cc qu'elle était une Constitution politique, c·est•it-dire recréant un pou,·oir avec ses prérogu tivcs et ses arn bilions dangereuses pour la liberté. Plusieurs lui rrprochaien.t encore une tache ori- (Il On peut n•m•rqucr K c-0propos que lcjcu de tcrtains :ulvcrsairc& de la R61)t1bli1p10puait avoir élê de la tuer ca lui dcmudaol, dan.." wte épot(t18 de crise cl pour un" nation ent:ore oo,·ice à la démocrali1•. uoe application immédiate et périlkuso de principes ré1mblie.:i.ins qui auraient couvc1111 il un tc111p:t normal et à un peuple Trnimeat m1je11r. Ainsi point tle proscription m~u1e pour les pri.rH•t•8. - l'leioc et eoliêre liberté pour l'Eglisc, seule auociatioo prll'ilégiée. Au nom du suffrage universel. choi.1; du chef df' l'Etat laiM4 •• pe•ple, ete.

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