Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

fllSTOIRE SOCIALISTE 1 H) Si nous nous plaçons mainlcnanl au point de vue. non plus dr Ct'llx <1ui rendent la justice, mais de ceux qui la sul,i-;scnt <'l la paient, l'i\sscmblér montra peu de sympathie;, leur l·gard. ~lontalt'mherl cl quelques l':üholiqucs avaient déposé un amcndt.•mcnl portant quïl serait l·tabli une procédure gratuite c,1 faveur des citoyens dont la pauvreté aurait été constatée i l'amendement fut retiré. Ln aulte amendement demandait que tous le:-- dix an~ le Code pt.~nal fùt rédsé pour l'lrc mis en ha1·mo11ic aw•c l'ado11cis~erncnt progressif des nHt·urs: il fut rejeté. On a\·ait pari,~ d'instilu<'t' des avocats de~ pauvres; on se contenta d"cn parler. Les pn11,TC:, n'avaient pas la tcndressr dclAssemblê-c. l"n dt~Cl'Ct du n mal's avail aboli la <·ontrai11I<' pal' corps, formé la prison pour dcltcs. Crimicux, rappl'Ochant cel ade d,, l'abolition de l'esclavage, par lequel le Gou,·erncmcnt pro1·isoi1·c fit des homn,cs libres comme il a,·ail fail des citoyens a,·~c des sujds, disail : ,( :\trns n'a,·on~ pas voulu que cet autre escJa,·agc de tous les jours - qui pèse sur une foule de malheureux - se conti11w.H. • ~lais cetll' diminution des droits seig11eu1·iaux du créancier, prenant. poul' ainsi dire. h~·pothèque :--11l1a· pcrsonnC' du dCbileur. n ·eut pas le don de plaire à la majorité co11senatricC' .• \près le~ journées de Juin, on rc,·iut en anièrc. Des p1•ti1ions de commcr('ants demandèrent le retour i, la loi abolie. Gr6y cul beau alléguer que c'était un resf<' de législation barbare, un vestige <lu temps ol.1 l'homme pou, ait de,·enir u1w chose, une propriétl·: qu'il fallait y rcnonct'I' rCsolumcnl üu hicn reco1111aitre la liberté de l'homme pour une marchandise jetée dans Ir comnlerce: c1uc celle fa,;on de saisir un èh·e humain t.'Omme gage d'une delle était une \'engeance }Jlus encore qu'un moyen de se faire pa~-er: sa protestation fui inulilc. La contrainte par corps rentra dans la législation frani;aise. Ou moins ne futelle pas inscrite dans la Constitution; mais. somme toute, celle-ci, eu conservant presque identique :1 lni-nHi.me rensemble des institutions judiciaires, maintenait debout une des forteresses les plus imporlantcs de la classe bourgeoise. Quant à la force publique, elle restait organisée de façon aussi peu démocratique qu'auparavant. La garde nationale dont la deuxième République vit la grandeur et la décadence, avait gardé le droit d'élire ses officici-s; n1ais on avait réorganisé son étal-major pour le mettre dans la main du pou\'OÎr exécutif; et on laissait:\ ce pouvoir le droit de la dissoudre à sa volonté. On essayait de l'utiliser pour la défense de la frontière; trois cents bataillons, pris parmi elle, avaient été déclarés mobilisables. Protégée par les services qu'elle avait rendus à l'ordre, elle avait encore l'apparence d'être la nation en al'mes. Elle commençait pouri.nt à être suspecte, surtout dans les grandes villes. Pour l'armée, ce n'étaient pas les projets de réforme qui avaient manqué. Oes socialistes, Proudhon en particulier, voulaient sa ll·ansformation en 1nilices nationales. Sans aller aussi loin, le Comité de Constitution, sur le rapport de

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