IIISTOJRE SOCL\LISTE 83 L(" (l très di,·in \\'aller S(·olt», si lourdC'11H'nral ifl,·,par Jp n:dat'l1 1 ur dt•la Trilmne, influcn<'t'alors fortement toull' la jrune lillératurC\. el c'C':-s,lous <·Plt(' i11,piralio11, parfaitement Yisil>ICq',u~ \ïctor llugo adolescl'nl t;cril son premirr roman, llan cflslande. ~tais n'y a-t-il qu'unr ârn(' ftiodalc ('l r(1 lig-if•u-;edan~ l\ru\TC' du grand romanrier anglais? i\'csl-cc pas ù juste titre que, notant après d'autr<>, <flil' \\'all,•r Scott introduit la foule rommc personnage dans ses roman-,, .\1. Louis Cazamian. dans Ir R()lnansocial en .tngleterre, fait de lui un prl•rursrurdu SO('iali:;mf' fl·odal ? Féodali.snlc social, :;oit, mais non ~ocialismc. Les imitalC"urs fran\·ais, dans lrur:-; cénacles, s'amw;~ronl un instant du bric-à-brac fi!odal. )lai:-i d&:,q,;uïls prrlldront l'air du dehors. toutes ces vieilleries di:,parailronl. Cnr le :sensdf':-; foulh f.ur,·hTa en eux, et ils sauront Ir mettre en nilcur. Le peuple. qui aronquissa plarr dans l'histoire, par eux se la rcra dans l'art cL la littérature, et on osera mettre sur le théâtre les souffrances t:l les joies des petites gens. ki encore,a,·et Lrsa~<'a. vrc Did<'rot, aYcc Beaumarchais, les Français auront éU•de:-; prèrurseurs, des inilialf'u1-s. « .\ujour·- d'hui, dit Sainte-Ocuvc "11 1830, l'art est désormais 6u1· le pied commuu. dans l'arène a,·ec tous, côte à côte a,·ec l'infatigable humanité. ,, El, ajoulc-t-il, « il y a place pour sa royauté, même au sein drs nations républicaines ». Tandis que dans la littérature le romantisme renouvelait cl enrichissait la langue, créait des formes noll\·elles, agrandissait son cadre cl l'emplissait dr pensées neuves, se rclrcrnpait dans la nature et donnait un rôlr aux t;léomcnts,exprimait le peuple et s'adressait ù lui, nous faisait communier avcr Oi.t.nlr,)lillon et Gœthr, il créait un courant de liberté dont toutes les formes de l'art cl de la pensée tiraient le plus heureux profit: l'histoire, a,·cc ~lichelet cl Augustin Thierry, la peinture avec Géricault et Delacroix, la musique a,·cc Bcl'iioz et Félicien David. Dans cc domaine, la Hévolution française, écrasée par l'Empire, étouffée par la Restauration, éclatait enfin en une magnifique floraison.. \1 usset chantait ses Contes d'Espagne el d' fla lie, Lamartine ses .1/é.dilations, Alexandre Dumas, allant au peuple, faisait de l'histoire un roman amusant d'où sortait un enseignement de liberté. Balzac songeait à créer la Comédielmmaine. Cc rut une grande et belle révolution, une fêle de l'esprit enfin déli,·ré, ivre de sa liberté, mais d'une ivresse adoral,le mêmeen ses excès. Point de rénovation politique, intellectuelle et esthétique qui n'ait pour conséquence, ou plutôt qui ne voie se produire parallèlement, une rénoYation ph!losophiquo cl morale, sous l'impulsion commune dc-smêmes causes générales. Une paix de quinze ans succédant à une guerre de vingt ans, un développement industriel cl commercial sans analogue dans l'histoire économique, les essais de compression intellectuelle et politique d'un pouvoir donL la force rut d'abord et surtout laite de la lassitude d'un peuple épuisé par la guerre cl énervé par le despotisme napoléonien, firent germer la floraison d'idées eL de sentiments qu'on vil s'épanouir au soleil de messidor. Tandis qu'une élite littéraire enfermée dans le cénacle refusait d'en sortir avant d'avoir, selon l'expression de Sainte-Beuve, donné à l'art u une conscience
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