11ISTOI HE SOCIALISTE 81 nal eomrnc les royali~lcs l\mt introduit dans la patrie, il ajoute an 1<· unr ironiq1w fureur nationalislt\ dont nous entendrons tant de fois les t..•dws inênw au s<•uil <lu bièclt' suivant: 111 En échangP de nos trésor:; et de nos armf';;,, l'un nOu!; aura lai-,!;(• l'irnrnortcl Kant, l'autre Je di,·ir1 Byron, lt1 très divin Stolt, l'autr{1 Caldrron, l'autri 1 SwC'dC'n· borg. I.e, doélrinrs anti fran,;aises que .\1. IP prinec dr ~ktlrrnich avait did•'e, à ~1.\1. S!'hlegel, rt l\otzebür pas;èrrnl le Hhin aver lesCo,al)ues ri b lla,kirs. Qu.-1qur~ traitre:; ,,t, un grand nombre de dupes bl' sont r,nprr!"':-l•sdr 11·~ propagrr. » Et san, doutc,en sa qualité de chef, \ïctor llugo de,·ail êlrr des prrmi1•r, plutôt IJUC de~ se<·oiu.ls.• Pour a,·oir une litli'•raturf' nalionalr, rrprcncl Ir journalî::,lt: libl•ral, il nou~ faut rr;10neC'r à la litl{•ralurP franc;aisc, cl adopter au plus ,·ile la littérature des .\ng:lais. ou !)i l'on n~·ul, des .\IIPmands, car il y a,·ail auo;.sides Pru-..;,il'ns it \\'akrloo. Pour plnire ù certains génies tqt•vl•:,,parmi lt':;1'l•jou1::-:,ancc•ph;•;l 1 inva.,ion el lt•s Te Deum dC'sdéfaitC's, nos peintres nC'sauraient trop prornpl<'nwnl ~C' pt•rsuadf't' qur. pur la vertu cil' \\'att,rJoo, il s'esl t1•ou,·é un beau jour unr l•eolt•tir prin• lurr ~ur les rin.l!'{<'s de la Tamise. Brûlons ~lonlPsquiN1, Ha('i1wcl Da,icl ! \ïn•nl Bt•ntham, Schillrr el La" r1 1nrt' ! • L'e:xtrêmP gauehP du libt•rali~mp en lra\'ail tlC" rl•volution (•:,l-t'llf'plus l'quitul>lf' :' Pas plus qtw h-s lih,:raux pur-., lt.. S f\•p11hli1·ains,IP:-;rt'•\'olutionnairrs Ill' ,-roi1'nl a la -;inc('rilt' du poi-tr• (jUi, ù vin~t ans, rhanla la HUÎ$:--arwe du due dP Bord1•aux. Ils ne \'fluli•nt ,·oir, l"ux au~i. dan-, le ronHu1ti-.mcqu'un, .. drs formr:j dt• l'abaî-..,;t•m<•nntational d1'var1l J,,, rnc,,iarq11t•., roalist•s Pl qu'un rC'~l'f'l dl'S prHi•ndm1:, mu•m-s patriartalPs Pl dwn1lcres<tllC'~ dr IJ rl•oclalît(• aholit•. ~ous avons ,·u plu~ haut qur, dan:, l'En/ermé, Gusta,·e C.drroy, tout en morllri.111utn dt•l1aintrop JWU hi~tnrique pour IL'romanlismr, a rxprim,; av('c prl•ci:-;ic,n Jps .:rnlirnrnts dP l'unanirnilL' dr~ l'(·puhlit·aith de l'époqur. La r1.ivolution littfraîr1 1 n',•tait pa~ pur<' (lp., rrprodws qur lui a<lrcssaiC'ntles parti,an~ de la rl'volution politiqut' ~l il t'~l t11rlain ,1ur -.on lyrisnw s'était d'abord complu ù l'exaltation dl•.-;id1.irs rnorlc!S rt son piltort·squr à l'admiration d('s ,·irillcs talh1.'drales. Chah•aub1·îan<lallait ,·ers l'an1 nir lts r('gar<ls tournés vPrs Ir pa~sf; il drapait des magirs dl! son style les cada,·rcs rpligieux cl monarchiqurs un instant doués d'une apparence de Yic. Ilien sou,·enl la magnificence du verbe, le clin<1uanl d,•s ,·pithi-les, l'harmonie sonore de la phrase avaient abrité la misère d'une pcns,'e rffar,•,•de, austères Pl âpres réalités du présent. Des pages, des <:hâtrlaines, des donjons cl des abbay,•s, des fantômes el ctes saints, exhumaient en beauté, du moins en pittoresque, le sombre cl dolent moyen âge. D'autre part, la réYolulion de 1ï89 se croyait née de la pensée grecque cl romaine. El cc n'était pas absolmnent. une erreur. L'antiquiléda:-,:,iqu(', ressuscitée par la Renaissance el adaptée au génie français par les écriYains du ~ ,1 ,esièrlc, nous ronslituait une tradition d'ordre, de liberté, de clarté qui portail nos ainés à oublier, à noyer dans un océan de tènèbrcs el de barbarie les mille années d'oppression religieuse cl féodale, cl à ne vouloir compter cc cycle que comme une éclipse
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