Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

80 li ISTOIRE SOCI.\LISTE sui\ i lïrrupt ion du romanli~rnt dans la lilll•raturc cl dans l'art, de même que la pri"• de la Baslifü• u mis le secou à l'œu,·re des encydopédisles. l)i's J82ï, dans so prd.in.' dl' Crom,, ell, qui e:,l Jt, manifeste de la nouvefü• t'<'ole,. \ïclor 11ugo s'l-crie c1u'il « serait élrang• qu'à celle époque la liberté, comme la lumi<'rc, pénétrât partout, excepté dans cc qu'il y a de plus nativement libre au monM, les choses de la pcn,(•e ,. El rt',olu à rérnlulionncr le domaine où pendant près d'un siècle il régnera par la puissance du génie, il lance ce cri de guerre:• )lcllons le marteau dans les 111,•ori,•s,les poétiques cl les systèmes. Jetons bas cc vieux plât,·age qui masque la fa~·ad~ <le l'art ! • P,·u aYanl qul' les barricades se dre,-,,enl dans Paris insurg,• rontre le retour de l'absolulisme, ll•s halaill,•, d'llernani, re drame où un hrigand rérnlté conlrl' son roi 1/•gitime personnifie la droiture, la ,·ailloncc, les droits souverains de ranwur, pcuw•nl être ronsidl'réc-s comnw des engagements d'avanl•gardr, C'l le poèt,• peul légitimement insrrire ces fièrt's cl forlt•s paroles dans la préface de sa pit'(•i• nou,·cJlt': . • L,• roman lisme, lanl de fois mal défini, n'est à tout prendre, Pl c'est là sa ,léfinition r..·•rllc,si on ne l'envi,aat' ((U" :,ous ~on "Ôt(• militant, que IC' Libérali.smt f'll 1ittfralure. Cf'llt' Yérilé e~t d(~jàeomprÎ:-,f' ù peu prè~ dC' tous lf's bons esprits, l'l le nomhrC' en e::il grand ; cl hit'nlôl, cnr l'œu,·ro C'Slchijà bien avancée, le libérali'.';mr lill{•rairc ne sera pas moins populaire qm• le libërali-;nlC' politique'. La libcrtl· dan'i l'art, la libcrt(• dans la soci,1t,', rnici le double but auquel doivent tendre d'un même pa, tous les esprits tonséquenls el logiques ... Les 1tltras de tout genre, classiques cm nwnarchiqu('s, auront bl1au se prêter sec-ours pour refaire l'ancirn régÎmfl do toute•, pièces, soriété el lilléralure; chal(UP progri·s du 1>ays, chaque dévcluppPment des inlelligmcrs, chaqu,, pas de la lilwrté fera crouler ce qu'ils auront èthafaucl.-... A peupll' nouwau, art nou,·rrw. Toul en admirant la lilléralur1• de Louis X l \" si birn ndupléC' ù sa monar('liic, C'llflsaura bil'n a,·oir sa littfralure prtl• r,l"(" 1•tperso111wll1 1 et nationah,, celle France actuelle, cette FranrC' du ~1xf',i~«'le à qui )lirabcau a fait sa lib,•rté cl :\apolt'on sa puissance ... Le libt:rali!inw politiquP r('poussa ces avances, répudia ècsatlhé:sioni!. Et bi,1 n qur• \ rrlor II ugo eût déclar"t' \'ou loir erfrr un arL national cl se fût incliné ùe, ant te r·hauvinismc napoléonien de l'époque, il s'allira, dans la Tribu 11, du 30 avril, une déùaigneuse r,•pliqu<• où l'nulnrr d'Jlernani se Yil contc,tcr, pour lui :eL sa doctrine, la qualilt• de libéral. • Connaissant l'atlachemcnl ùcs jeunes Français pour noire glorieuse Révolution, dit le rédacteur de l'article, l'hypocrisie s'est emparée de ce mol magi'(UC pour les entrainer loin des doctrine• qui préparaient les grands changements de notre ordre social. • Et,dénon~ant la• profonde perfidie• de \ïclor llugo el des romantiqucs,ces eo,mopoliles, le rédacteur lr·s as,imile prrfülcmenl aux alli,'s qui venaient, quinze ans aupara,·anl, d'cnrnhir la France.• Le romantisnw, dit-il, semble croire que les statues de Corneille, de ~lonle•quieu, el de Racine avaient dû s'écroulersous le canon ùe \\'al!•rloo. • Prfri•anl l'accusation d'introduire l'étrangerdau l'art natio-

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