Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

HJSTOIHE SOCL\l,ISTE :i67 les députés dr l'opposition se r(•scr,aimt d'odr,•sser au corps électoral cl à l'opinion publique •· La Ré[un11, publia cette note. Le groupe d,· Lrdru-Rollin cessa dP se tenir à l'écart el son ,·hrl envoya son adhésion. Le comil<•&ll'cloral parisien avait décidé qu'au banqul'l, fixé au 22 lévrier, se joindrait uni' grande manifestation des partisans de la rpforme. Ledru-Rollin demanda un•• place dans le corlègt• pour le comité de la Réforme cl le groupe des étudiants r,•publirnins. Les plus clairvoyants sentaient qu'on allait à une révolution. A une réunion tenue cb(•Z Goudchaux, on dr1 1~~ait une liste de m("nibf('sd,un p:uu,(rr.(n.,nt J·r("isoir~. l'n df·S membres de c<'lle réunion ayant dit à )tarie qu'on l'a,·ail inscrit sur cette liste, celui-ci deml!,nda a,·ec étonnement s'il y avait dt•s projets de révolution : • Non je n'en connais pas. lui répondit l'ami, mais tout est possible dans le mouvement qui se prépare •· Après bien des difficultés, le comité avait pu louer un lerram clos de murs dans une des rues désertes qui avoisinaient les Champs-Elys(cs. En vingt-quatre heures, une lente y lut construite. Le gouvernement accepta alors que Morny et Vitet allassent trouver Odilon Barrot pour l'engager à laisS<'rtrancher le ro11flil par les tribunaux. Le banquet aurait lieu, mais un commissaire de police[sv présenterait, verbaliserait et se retirerait ensuite. Ud1Jon Barrot accepta. ~lais le cortège qui devait se former pour se rendre au banquet devenait formidable par le nombre des adhésions qui arrivaient au comité· La garde nationale s'y vil assigner un rang et elle lut publiquement convoquée à l'occuper. Le gouvernement prit prllcxtc de celle convocation à laquelle il savait que les gardes nationaux répondraient, surtout ceux des quartier, populeux, et ceux de ~1ontmartre, de BellCYille,de Saint-Denis, de Bercy; il fit savoir au comité organisateur que les conventions laites ne tenaient plus et qu'il ne tolérerait ni la manifestation ni le hanquel. On était A la veille même du banquet.Au cours de la si-once,Ba,;rot demanda au ministre de l'Intérieur des explications. Duchâl<•lr<,pondil qu'il a,ait autorisé le banquet, mais non une !T'anileslation publiqm•. Il ajouta qu'il pt•rmetlait toujours auxlassistants de"" rendre indi,·iduellrm,.nl au liru de réunion, mais qu'il disperserait tout attroupement sur la voie publique. A la fin de la st'ance, les membres de l'opposition linl'l'nl conS<"il,mais n,• pu"'nt s'entendre. Lr soir, une nouvelle réunion eut lieu rhrz Odilon Ba, roi, <'!Taréd'arnir déchainé un péril révolutionnaire, el on com·inl de décommander la manifestation el le banquet. Mais si les députés et es homm!'s politiqtu•s en vue reculai,•nt, ceux que leur ea'.mpagne avait lancés en avant n'enh•ndaient pas baltrr,en retraite. ('.('pendant, à la réunion de la lllfu,me, Ledru-Rollin el Louis Blanc faisaient n•pousser la proposition de prendre les armes laite par plusieurs n1puhlirains, notamment Albert, Baunr Cnussidière ri Rey. Aux Saisons, rdorm~s par BlanqOJi, à la Société des étudiants, on dait égaJ,.mPnt, après débat, contre l'insurn·rlion.

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