566 IIISTOIRE SOCIALISTE l'éclairait pas. Il • protestait avec vivacité, nous dit M. Thu reau-Dangin, qu'aucune promesse n'avait été apportée à la tribune par son ministre •· li faut bien pourtant que Guizot ait reconnu la nécessité de !aire quelques concessions, puisque les Débats, 011pas une ligne no paraissait sans sa permission, déclaraient quo la réforme s'accomplirail et qu'elle était décidée en principe. Tandis quo le journal do Guizot exprimait ainsi la pensée du ministre, Lonis-Pbilippe disait à son entourage : • li n'y aura pas de réforme, je n'en veux pas. Si la Chambre des dJputés la vote, j'ai la Chambre des pairs pour la rejeter. Et quand bien même la Chambre des pairs l'adopterait, mon veto esl là. • Et)MontaliveL, qui venait de lire les Débat, et !élicitail le roi d'avoir permis à Guizot de faire • un premier pas dans la voie des concessions •· était • vertement rabroué • par son maitre, nous apprend M. TbureauDangin. Le roi était-il si ferme en son dessein de ne pas céder ? Sans doute puisqu'à certains moments il envisageait l'éventualité de son abdication Ma is ce n'est pas à son fils, désigné par les Chambres pour occuper la régence, qu'il so ngeait alors. Il eût voulu que le roi des Belges acceptât d'être régent. li s'en ouvrit à celui-ci, qui Slns doute posa dB "jcondilions inacceptables. • Eh bien dit-il alors à son neveu, le duo régnant de Saxe-Cobourg, que le bon vieux mons ieur mange sa soupe lui-même. • L'entourage du • bon vieux monsieur• le pressait de se séparer de Guizot. Car Guizot était accusé par les amis du roi, dont il faisait la po litique personnelle de rendre le roi impopulaire. ELGuizot acceptait la situation qui lui valait une telle avanie, et si injuste. C'était à croire que Guizot et le roi s'étaient jure un pacte de mutuelle iervilude. Disait-on à Louis-Philippe que partout on demandait des réformes, il ,répliquait qu'il savait le contraire. Montalivet lui parlait-il du mécontentement croissant de la garde nationale donl i l était colonel de la légion à cheval, il paraissait un instant ébranlé, puis serenfonçait dans son entêtement. L'opposition se devait de répondre à l'interdiction du banquet prononcée par le ministre de l'Intérieur. Le soir même du vote de la Chambre , les députés s'étaient donné rendez-vous pour le lendemain à midi, au reslauranl Durand, place de la Madeleine. D'un commun:accord, les jurisconsultes avai ent déclaré au comité des électeurs que l'interprétation de la loi de 1790 donnée par le comte Ouchâtel était abusive. Puisqu'on avait le droit pour soi, allait -on reculer Toute la question était là. A la réunion du restaurant Durand, présidée par Odilon DarroL, Marie el Chambolle proposèrent une démission en masse des cent députés d e l'opposition. Lamartin~, Duvcrgier de Hauranne se prononcèrent contre cc mo yen et déclar~rent qu'il fallait organiser quand même le banquet. L'assPmblèe se prononça pour le banquet et la note envoyée aux journaux pour annoncer cette déciaion porta qu'elle • avait été prise sans préjudice des appels que, sous d'a utms !ormea,
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