Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

I IISTOIIIE SI lCI.\ LISTE 553 isolé<>s,impati!'lltes de se mêler à l'artion, l,•s ,·ommunistes des deux !radions, ainsi que l'enS<'mblc des phalanstériens, se tinrent à l'é<-art. Ceux-ci cussrnl eu 'Jualilé légale, .-epcndunt, pour figurer dans les banquet~ réformistes organisés par OJilon Barrot cl Garni.-r-PJgès. Leur banquet d,, l8'1i, tenu à ~larseillc, où soixante-sept convives éla11•nt n'uni,, le prouve éloqurmmenl. Lr compte rendu de ce banquet nous a <·onservé le nom cl la profession de charun d'eux. On y trouve trois mMecin,,d,·11x pharmacicns,quatre notaires, neuf professeurs. quatre avocats, un avotu:, lroi:, iugt•nirur:;,dnq rondurlrurs des ponts-et-chaussées. un bibliothécaire, huit officiers, un rnagi,tral, un seulpteur, sept fonctionnaires el employés de l'ordre administratif, un maitre dl' postes, un vétérinaire, '{Ualrc négo<'iants ou t•rnployt's de banque. un prol• d'imprimerjc, un maitre serrurier, un marchand tannrur, un cnlrcprcncur, un dirccll•ur d'assurances, six propriélair, 1 s. Si nous savons compter, cela fait soixante-six. Il pouvait donc y a,•oir deux ouvriers à ce banquet en comptant h• prote d'imprimerie, qui est d'ailleurs un contremaitre. 11existait reJ)(•ndanl ,J,.,•ouniers phalanstériens •; les chefs d1• la doctrine les admettaient dans les banquets, mais Bourgin, qui donne ces détails dans son ouvrage sur Fourier, a raison de dire que ces ouvri,•rs • ne déna• turaicnl pas le caractère bourgeois dt' l'école •· Proudhon. qui vient d','t'rire 1,•s Contradictionséconomiques, ou,·rage 11ui le rnet hors de pair, n'a pour ainsi dire personne, autour de lui. c,,ue • phil,,sophic de la misère • ('<:arterait plutôt de lui les socialistes d'alors, car il démolit avec une égal(' furrur IPsainl-s1moni-,me, le fouri1•risrne,le rcunmuni~mPdr Cabet.et des r&volulionnaires el le rt1fo, misme d'Elal de Louis Blanc, en même temps qu'il repudie les conclusions désesp~rnnles des économist,•s libéraux qui trouvent que tout (\St birn dans la nwill1-1urt' <ll1 ~ soriHt's. Il ne montre encore que sa face négative, se refuse à toule affirmation dogmatique. Comment aurait-il un parti autour de lui ? Cependant, il songe à rallier la foui,•, puisqu'il cherch,• à fondt•r un journal quohd,en qm s'appellera le Peuple. Entré en relation avec Marx en 18'i4 l't avec Karl Grün un peu plus tard, il discute avec les d,•ux pros,•rits all1•mands la philosophie hégélit'nlll', qu'ils tentent de lui inculffuer-~larx <'SIcommuniste, mai, la doctrine telle que l'exposent les partisans de Cabet cl la Fédération communiste allemande ne peul recevoir son adhè,ion. Il sent qu'il manque il Cl'IIC dorlrine trop simpJ,, 1m fondement économique. • Ch('rchons••nsembll\ si vous \'oulee:, lrs lois de la soricl1' •, érrit Proudhon en 18',6, à ~larx. qui a rté expul-.é .d,• Fl'anrf•par Guizot rt s'c!:tL rl'ruA'it~ :1 Brux<'lles; t mai~, pour Dieu! aprh, avoir dl'moli lou-, k•; dogmali"mrs a priori. ne songeons point à notre tour it rndoctrin,•r Ir peuple ... Xe la1llons pas ttu genre humain unt.\nouvelle besogne pour dfl' uouveaux ~âC'hi~... ne nous po'.'-tOl\'.'-t pas en apôtres d'une noU\·elle religion, fut-rll,• la religion dr la logique, la rt'lii:ion de la raison. Accueillons, uncouragcons Ioules 1,,,, protestation,; flptrisson, loules

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