111:-;TOll1E SOCL\LISTE les exclusions, lous les mysticismes ... A crue condition, j'entrerai avec plaisir dans votre association; sinon, non. • Il n'y avait guère moyen de s'entendre. Armés comme Proudhon, de la critique économique, Karl ~larx et son collaborateur Engels rherchaicnt également à fonder la pensée et l'action socialistes sur cette critique. ~tais, ils cherchaient à édifier en même temps qu'à détruire, et leur dialectique hégélienne leur montrait les formes sociales d'un moment de l'histoire surgissant de la .;ontradiction qui opposait entre elles les formes du moment précédent et les décomposait. Leur thèse du matérialisme historique n'était pas encore mûre dans l!'ur cerveau, mais ils sentaie,nt qu'elle allait être au point. Et ils en tireraient le communisme nô de la conr 0 ntration des travailleurs _etdes capitaux par les grand"s entreprises capilalislc:, armées du machinisme. Voilà où ils en étaient, alors que Proudhon, attaché à émonder de ses plantes parasites le champ de l'économie sociale et de leurs préjugés les cen·eaux socialistes, rcfusaitcncorcdc faire autre rhos('que nier,qur cl'iliqucr.Group(lrceux qui nient et critiquent, leur dire, ainsi qu'il disait à Marx, que le problème posé consiste à« faire rentrer dans la sociélt\ par une co1nbinaison économique, les richesses qui sont sortirs de la société par un(' aulre combi1\aison éronomiqur -.>, ce n'élait. pas offrir aux masses populaires de quoi les décid1•r à se mettre en mou,·cmenl. Aussi, à Marx qui songeait à orgaoiscr l'évolutionnairenwnt le prolétariat, Proudhon répondait-il : • J'ai aussi quelques observations à mus faire sur cc mot de vol>relettre : mt mom,ent de l'action. Peut-être ronsern:~z-vouse1Lcore l'opinion qu'aucune réforme n'est actuellement possible sans un coup de main, sans ce qu'on appelait jadis une révolution, et qui n'est tout bonnement qu'une secousse. Cette opinion que je conçois, que j'excuse, que je disculcrais volontiers, l'ayant moi-même longtemps partagée, je vous avoue que mes dernières éludes m'en ont fait complètement revenir. Je crois que nous n'avons pas besoin de cela pour réussir, et qu'en consé<1ucncc, nous ne dr-vons point posrr l'action révolutionnàire comme moyen del réforme sociale, parce que cc prétendu moyen serait tout simple,nenl un appel à la force, à l'arbitraire, bref, à une contradietion ... Je pn'fèrc donr faire brûler la Propriété à petit feu, plutôt que de lui donner une nouvelle force, en faisant une Saint-flarlhélemy de propriétaires. • Dans cette lettre, Proudhon dit qu'il croit • sa,·oir le moyen de résoudre, à court délai, cc problème•· Mais lil n'a pas sa solution. Q11rdir~il-il au peuple dès lors 1 Comment se mêlerait-il à l'agitatio11 pour la réforme électorale et parlementaire, lui qui rst persuadé que c'est d'une réforme économique qu'il s'agit arnnt tout 1 El comment proposerait-il une réforme qui n'est pas encore déga'gée dans son esprit en travail de rerherrhe? Dans sa Philosophi.e de lq .llisère, Proudhon avait cru appliquer la méthode hégélienne qui consiste à .constater le surgissement [d'un phénomène social des contradictions du phénomène <tui l'a précédé. li pensait avoir ainsi bien profilé
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