Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

.·,4(j IIISTOIIIE SU(;I.\LISTE journal du fondateur de la dynastie des Cassagnac s'engageait, moyennant un YCrscmcnl de 1.200.000 francs, à faiN' déposer par le ministre de l'Intérieur un projet de loi fa1·orable aux ma1lres de poste. Girardin reproduisit ses accusations à la tribune de la Chambre, le 17 juin, il ajouta les achats de voles ouvertement faits, à Quimperlé, aux élcclions de J8'tti. ('l qui avaient abouti à la condamnation en Cour d'assises de Drouillard. le di•pu lé corrupteur. Il rappela les pf!roles du procureur général dans le procès de corruption électorale intenté à un membre (lu conseil général de la Creu5c: • La corruption électorale n'est 'plus un vain mol, s'était écrié cc magistrat : le mal existe, il est flagrant. • • S'il était bien prouvé que M. de Girardin ne méritait aucun crédit, fait )1. Thurcau-Dangin, il l'était moins que tout eftl été irréprochable, sinon dans les actes du gouvernement, du moins auprès de lui. • En tout cas, Girardin avait accusé, et l'on n'avait pas osé accepter les preuves qu'il offrait. Il avait dit qu'une promesse d'un si~ge à la Chambre des pairs avait été vendue, et, appelé à fournir ses explications devant la haute assemblée, il avait été t'Cm·oyé indemne. En vain. on pressait le minislr'C dl' l'lntfricur de poursuivre son accusateur, de traduire les journaux en justic-o : il se tenait coi. Aussi, le baron de \'ici-Castel, un fidèle du régime, pouvait-il écr·ir6 dans son Journal inédit, le soir du Jï juin : • On ne s'entretient qu'avec tristesse de la scandaleuse séance. Les ministéi'iels. tout en se félicitant du vote ,qui l'a terminée. reconnaissent que la situation qui avait rendu un vole indispensable est pénible. fâcheuse pour le pouvoir et le pays. • L' Egfjse avail sa part dans ce, tribulations. Aux scandales répétés de l'année précédente, où des cas de séquestration et de tortures monacales avaient indigné l'opinion publique, s'ajou lai l. en 18', i. c-elui du· frère Léotadc, qui violait Cécile Comoellcs, pu.is assassinait la malhcur'Cuso jeune fille. L'argent dominateur· faussait tout, per,·ertissail tout, domestiquait la science, qui inventait de nouveaux poisons pour falsifier les mardiandises et le, denrées alimentaires. Un profcssNrr' tic chimie pouvrut déelarcr qu'à sa connaissance il se déhitail chaque anné,. « plusieurs centaines de kilogrammes dP strychnine à Paris •· Cc poison 1·iolent, extrait de la noix vomique, était substitué au houblon dans la bièr,, à bon marché . Le sullate de cuivre servait aux boulangers el au~ pâtissiers. ce produit dangereux étant plus écononiique que le levain. Dans le même moment, Tousscncl était témoin du fait suivant: • Une fois que je me trouvais de passage à La R.ocbellc, dit-il, je vis Ul) rassemblement de femmes qui tentaient d'acèaparer toutes les voitures publiques et offraient aux conducteurs des prîx doubles des pl'ix ordinaires pour les conduire à Roch~fort. M'étant informé auprès d'une de ces lemmes des motils du rassemblement, il me lut répondu qu'une cargaison de lromage de Hollande avarié de,·llit aire mise en vente dans cc dernier port, le jour même; et comme je ne saisissais pu bien le rapport qui unissait ces deux choses : l'empressement de!! 'fOYllf!eU!leS fA le

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