Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISTUII\E ~UCJ.\LISTE 523 • Nous sommes un pruple qui s'cnn.uie t, disail alori:.Lamartine, qui an.lit déposé la lyre du poêle cl ouvrait devaal lui son admiJ'ablc ca,·,·iôre d'oraleUI'. A,·ouons qu'il était bien dirficile à émouvoir cl à inlfresscr, ou plulôl appliquons Je mol do Lamartine à la dél~lable politique qui sr faisait 1, une époque grande enlre loules dans l'hisloi,.., dr l'e,prit humain. CHAPITRE \'111 1.'1;.;unorE, LE LIBt=:I\Al,.IS:\U: F.T LES X,\'rJO)IALISTl:S Conclusion du traité du droit de visite. - La comédie des mariages espagnols. L'Angleterre, furieu~ed·avoirélé ·ouée. rompt l'entente cordiale. - Jacquerie impè· riale en Oallicie. - Chute finale do la république de Cracovie. L'élection de Pie IX donne des espérances au libéralisme et des craintes à l'absolutisme. - Les Irlandais N'fusent de s'allier aux ouvriers anglais. - Le cJér1caltsme n Suisse : délaite du Sunderbuod. La visite de Louis-Philippe à la r,,ine \ïcloria procura enfin au cabinet de• Robel'l Peel une satisfaction à laquelle l'.\nglcterre tenait beaucoup. J\lais elle ne la l'eçul pas complète. Fort des répugnances manifestées à diverses repriSC's par la Chambre, Guizot put obtenir de sérieuses modifications au traité du droit rie ,·isite, qui fut enfin signé le 29 mai 1sr,:;, sur les bases suivantes: la zone do surwillance pour la répression de la traite des esclaves était limitée ù la côte occidentale d'Afrique; la France cl l'Angleterre s'engageaient à entretenir dans ces parage, le même nombre de croiseurs, fixé à dngt-six pour cha,1ue puissance; la récipl'O• cité du droit de visite entre les deux puiôsanc-cs etail abolie, chacune d'elles ne pourrait visiter que les navire, portant ,on pavillon cl ceu~ des pays dont les gouvernements avaient conclu a,·ec elle des traités sur Je principe du dl'oil de visite. De ce fait, les ll'ailés de 1831 cl de 1833 étaient suspendus cl une clause de la convention déclarait qu'ils seraient considérés comme abrogés, s'ils n'avaient pas été formellement remis en vigueur au terme de celle convention nom·elle. C'était une ,·ictoire pour la diplomatie française, due surtout à l'opposition parlementaire. Guizot ne J'en inscrivit pas moins à son actif. C:Cllevictoire était d'ailleurs celle du bon sens et de l'équité. Mais le jiogoïsmc d'outre-Manchc, qui entendait les choses autrement, fit un gtief au mi.nisLèrcde Robert Peel de ce qu'il appelait une capitulalioo devant les exigences lran.ç,ii.s()s.El pour maintenir sa situation en lace d'une opposition libérale qui ne lui méoageail les difficultés sur aucun terrain, le cabinet tory manœuvra en Espagne de 01a/l.Îèr.e à contrarier les visées de Louis-Philippe et à donocr pour épou,.x ii la jeune reine ]sabelle un prince de Saxe-Cobourg, Léopold, cou.sin du mari de la reine Victoria el frère du prince Ferdinand, qui avait épousé, en 1836, la reine de Portugal. Réussir, c'était

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