Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISTOIHE SOCL\LJSTE Dans le roman, c'e~t Balzac qui a pri" son plein essor. Nous sommes au moment où la Presse, de Girnrdin. doit interrompre la publication en fcuilldons desPaysans. devanL une menace de dé&abon;1cmcnlen masse. Il poursuit, mo1'C'cau ,l. morceau, sa gé-nialeComédie humaine où, e.n représentant te monde qui s'agite dan, son puissant cerveau, il crée los exemplaires qui se modèleront sur ses Vautrin, ses Haslignuc cl ses Hubcmpré. Il aperçoit lïnOuencc sociale de l'argent et la met au premier plan dans son œuvre. Fraternellement, il découvre, el impose à l'admiration publique le génie de Stendhal, dans la magistrale élude ·qui servira désormais d'introduction à la Chartreus, de Parme. C'est George Sand, sur qui Proudbon épuise en vain son injuste sarcasme, (feorg<>Sand, qui proclame les droits dc l'amour en lace dos conventions sociales el corn,rn:mcc,au momcnl où nous sommes, la sétie de S(.\Sromans socialisl<"S, ouwrle par Spiridion, en 1840, continuée, en 18'15 el 18'16, 1>ar lesCompagnons du Tour de Franc,, le .lfe,wier d' Angibau.ll, le Péché de .11. Antoine. Eugène Suë, engagé dans la voie socialiste par la lecture des ouvrages des fouriéristes et des saint-simoniens, n'en sortira plus: il prépare les Misères des enfants trouoés el les Mystè:resdeParis, où, à défaut de doctrine précise, se trouve une peinture si vi,·c des inégalités sociales. • Ne craignons pas, écrit Jules Duval, dans les Progrès de la causesociélaire en 1845, de mentionner comme inspirées par les livres de Fourier, parce que telle est la vérité, bien qu'elles n'émanent pas de notre propre centre d'acti,·ité, de;, œuwes littéraires qui portent l'empreinte de notre théorie. Parmi elles brillent au premier rang le Juif errant, d'Eugène Suë. cl le Diogène, de Félix Pyal. • De son côté, Enfantin écrivait à un ami: • J'ai fait lire à Suë 1\'ouoeauChristianisme, la lettre d'Eugène et la Morale; ainsi, vous voyez que je n'oublie pas mon métier, mais que je le fais pou à peu, petit à petit. Le Juif errant sel-a: Aimez-vous les uns les autres. Vous voyez donc qu'il a compris sa lecture du Nom,eau Cr.ristianisme. ~ Dans le même moment, la science marche à pas de géant dans l'œu'l'l'e de libération générale. D'abord, ses découvertes sont tournées contre les prolétaires, dépossétlés de l'instrument de travail, assc,-vis à la machine el parfois écartés. Mais, est-cc sa faute si les abeilles scientifiques sont volées par les frelons capil.alistcs? Rllc n'en io~rodnil pas moins, par la force même des choses, un élément de révolution indéfinie, et met à la portée de tous des objets dont seule une minorité jouissait auparavant. Ainsi, par exemple, de la photogra.ph~, que Daguerre vient d'améliorer cl que Becquerel va encore perfectionner, tout en poursuivant ses recherches fructueuses sur l'électricité. Marsan et Brég,,et utilisent la déeoU'll'erte de Faraday~ur les phénomènes d'induction en électricité; Hubmkorff perfectionnera oientôt leurs appa1·eils. Gay Lussac poursuit ses reehcrches parallèles en physiqne et en chimie. François A~ a terminé sa grande carrière scientifique et se donne à la politique, tout t'll contiAU1111dt e diriger l'Observatoire.

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