Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

HISTOIRE SOCIALISTE 491) dernière campagne en unité, en force, en avenir, csl i, peine croynble ; quand mOme la cause de la liberté d'enseignement serait perdue pour crnquante ans, nous avons gagné plus qu'ellc-mèrne, parce que nous a,·ons gagné l'inslrum~nl qui la procure ... Si cc pauvre abbé de Lamennais a,·ait su attendre. quel moment pour lui ! Ilélas ! nous le lui a,·ion, tant dit. Il serait plus grand que jamais ... Il sufÎJsail d'être humble et couÎlant dans l'Eglise. » La tactique des cffenescenls pré,alut. Forts de leur conquèlc, le, cléricaux ,oulaient l'étendre sans plus larde,·. Le gou,,crncmenl, d'ailleurs. ne fatsait rien pour les décourager. L"évèque de Chartres pouvait accuser n;ui,·ersilé de faire « un horrible rarnntxe <l"ûmcs », les prêtres pou, aient interdire du haut de la chaire aux familles d'emoyer leurs enfants dans les « écoles de pestilence ». ·1a jPune-sc catholique pournit cll\ahir le Collège de France el la Sorhonnc, y insulter les professeurs attachés à l'esprit de la Hé,olution, les savants fidûlcs à la science ; Je pou\·oir gnr,l~it un i;;;i!cnt'e t une po9Si\'ité complices. Parfois même, - on a rc, u cc scandale en ces temps-ci, - il exécutait les sentences d'e~clusion prononcées contre certains professeurs libéraux, et suspendait les cours de Ferrari et de Bersot, dénoncés par l'Unirers, dont plusieurs rédacteurs appartenaient aux bureaux du ministère du l'Intérieur. Le dépôt, par \'illemain, des projets de loi sur les petits séminaires et sur l'enseignement secondaire accrut l'audace du parti clérical. L'abbé Comhalot. qui demandait en chaire « la restitution des registres de l'étal civil à l'Eglise», lança une brochure. un \lèmoire ci consuller adressé aux évfques de France et aux pères de famille, où les infamies des Védrine et des Desgarets étaient dépas<..érs. « L'lUi\crsitt•. di,ait il. pou~sc les jeunes générntions au brutismc de l'intelli'(cncc ... Elle douhlc toull' la pui,-ancc de l"homme pour le mal. » Aux é\tiques qui songeaient à retirer les aumôniers des collèges de l'Etat, il proposait une mesure plus radicale : « Défendez, leur disait-il, aux pasteurs des paroi$ses d'admettre à la pretnièrC' communion cl à la Pàqucs des chrétiens les enfants catholiques que le monopole s'efforcerait de retenir dans son <..cin. >l c·cn était trop tout de mème, et le gou,crnemenl ne put s'empêcher de sévir contre Co,obalot, qui fut condamIH' en cour d'assises. L'é,èque de Ch.ilons, déjà frappé de la bénigne déclaration d'abus, que le Conseil d'Etat inflige aux prélats en r~,-ollc contre les lois. félicita le « mart_,r » en ces termes " L'évêque cl le clergé de Chnlons s'empressent de joindre leur$ félicitations à celle~ de toute l"Eglisr cl dr LousJe.., gPns de hien que ~r. J'[1b)11·· ('omh,ilot ·1 reçues. ll était digne de lui de donner un si bel exemple çt de prendre aussi ouvertement la défense de nos ,·érités catholiques contre l'Uni,ersité, qui en est l'ennemie déci a rée. » Le 19 mars, Dupin apportait à la tribune de la Chamhre la protestation de la bourgeoi--ie contre celle insurrection presque g-énérale d'un clergé qui ne voulait pas se contenter d'être le gardien des privilèges du riche, le corps

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