400 HlSTOrHE SOClALIS'Œ giés politiques de diverses nntionalilés, el, comme nous le verrons plus loin, les socialistes allemands el. anglais devaient, quelques années plus tard, essayer une organisation inlernationalc des forces communistes, comme la charbonne-- rie mail organisé inlernalionalcmenl le libéralisme. En outre de la propagande fouriériste faite en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en Angleterre, il y avait, dans cc dernier pays surloul, groupés autour de Robert Owen, des socialistes qui se séparaient du radicalisme politique avec des arguments que nous voyons encore aujourd'hui employer par certains s_ocialistesfrançais. • On a prélenrlu, disaient-ils en 1838, que les privikges politiques impliquent l'amélioration cl la régénération de notre organisatio~ sociale, mais nous ne pournns l'admcllre. ConIre la , érilé de cette afflrmalion, nous avons à opposer la saisissante anomalie que présente L\mériquc. où une constitution politique fondée sur les principes du radicalisme politique coexiste a,·ec tles crises économiques, m·cc une classe ouvrière misérnbl~, avec une lutte continuelle entre les classes riches el les classes pam res. » Ils opposaient à cc tableau celui de l'/\llemagne encore quasi-réodalc et absolutiste, où l'on s'occupait davantage du bien-tire et de l'instruction des classes populaires. Les communistes de l'école de Hobcrt Owen n'étaient pas tous partisans de cet indifférenlisme politique. Owen lui-m~me avait pris part, el une purt actire, à l'ardente lutte menée par les trades unions.. Puis il avait répudié la grève comme il répudiait l'action politique. li fallait fonder des villages communistes sur le modèle qu'il avait établi à New-Lanark, puis à NewHannony, et compter sur la force de propagande de l'exemple. De l'immense tâche entreprise par le gr~nd communiste anglais, il reste aujourd'hui une puissante organisation de coopérali\·es de consommation, qui ;ne réalisent certes pas l'idéal communiste de Robert Owen, mais sont l'<?colepratique où le génie de la classe ouvrière anglaise se prépare patiemment à exercer la souveraineté économique. L'Angleterre ayant été le premier théâtre du développement capitaliste el du machinisme, rut également le premier théillre des luUes de classes du x1x• siècle. Groupés par milliers dans les manufactures, puis refoulés de ces manufoctures par les machines, coupeuses de bras, les ouvriers, dès 181-l, à Shdfield et à Nottingham, ensuite à Manchester, et un peu partout pcndanf. une quinzaine d'années, s'arncutaicnt, brisaient les machines, incendiaient les ateliers, subissaient des répressions féroces. Mais tout de même feur nombre affirmé en force par leur union leur donnait le droit syndical. A l'agitation des luddistes, ou briseurs de machines, succéda l'agitation syndicale par les trades unions, pour la conquête des droits politiques. Ce fut, de 1829 à 1842, une nouvelle période ré, olutionnaire. Le parti du travail demandait une charte au Parlement, non pour substituer sa souveraineté à la bourgeoisie capitaliste et à la noblesse territoriale, mais 'pour compter co-
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