IIISTOIRE SOCIALISTE 489 Angctcrrc et a, ait obsen é ln lutte de classes, fort aigue alors, qui sou. lo norn do chartisme, lançait le prolétariat Il l'assaut de la bourgeoisie pour la conquête des droits politiques et des réformes économiques. « Depuis 1789, d1saitclle, la classe bourgeoise est constituée ... En 1830, clic se choisit un roi Il elle, procède à son élection sans prendre conseil du reste de la nation, ,,1. e'lfin. étant de fait sou,·er:1ine, elle se place Il la tête des affaires ... pour imposer aux ,·ingt-cinq millions de prolétaires, ses subordonnés, ses condihons ... comme agissaient les seigneurs féodaux qu'elle a rem crsés. - Etant propriétaire rlu sol, elle fait des lois en raison des denrées qu'elle a Il , endre. • • Quant à ,·ous, prolétaires, ajoutait Flora ·1 rislan, , ous n'avez personne pour mus aider. » Puisqu'il la classe noble a succédé la classe bourgeoise, • déj/1 beaucou·p plus nombreuse cl plus utile», il est de toute justice de« constituer la classe ou, rière » puisqu'elle est • la partie la plus ,·ivace de la nation». Qu'elle le fasse et • elle sera forte ; alors, elle pourra réclamer auprès de M~I. les bourgeois et son droit au travail et l'organisation du lra\'ail, el !e faire écouler ». Flora Tristan ne proposait pas l'élimination de la bourgeoisie, mais l'association du prolétariat au pou,·oir politique et social qu'elle détient seule. Elle appelait les trarnillcurs sans distinction de ,cxes. ni de doctrines politiques et religieuses, à se faire « représenter ,le, anl la nation». Elle traçait le plan d'une Union ouvrière qui ne de, ail pas s'enfermer dans les limites nationales, mais procéder« au nom de l'unité uni,crsrllo » et ne foire<< aucune dt•lrnt/1011 entre nationaux el les ounicrs et les ou, ritrcs appartenant Il n'importe quelle nation de la terre•· En conséquence, disait clic, « l'l!nion ouvrière dc\Ta établir dans les principales ,ille• d',\nglcterrc, d' \llenwgne, d'lt:ilic, en un mot dans toutes les capitales de l'Europe, des comités de correspondance. " On remarquera que Flora Tristan· n'a qu'un but, organiser l'immense force ouvrière qui s'ignore. Elle ne propose pas uu plan social défini, mais Yeut « faire connaitre la légitimité de la propriété des bras "• et forcer les esprits, en face de celle organisation internationale des tra,ailleurs, à « examiner la possibilité d'organiser le tra,ail dans l'étal social actuel ». L'Internationale elle-mème, \Îngt ans plus lard, ne de, ait pas non plus, dans son programme inaugural, s'annexer à une des écoles qui tendaient à la direction du prolétariat Flora Tristan tenta d'intéresser Il son grandiose projet les ouniers, à qui elle fit de nombreuses conférences, el les écri, ains les plus en vue, dont quelques-uns souscrivirent pour les frais de sa propagande, notamment Eugène Suê. Mais ce premier appel Il l'organisation internationale de classe des travailleurs n'eut pas d'écho. Le second, lancé par ~larx et Engels, quatre ans plus tard, ne fut pas non plus entendu sur-le-champ. Mais déjà des tentatives se faisaient dans ce sens. Une conférence communiste avait été tenue à Londres, en 1839, à laquelle avaient pris part les réfo-
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