Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

448 IIISTOWE SOCIALISTE riat, ui !,ou élilc ucti\c partagée en communistes ré,·olulionnaircs avec le Egalitaires, en commuuistcs pacifiques a\'CC Cabet cl en coopérateurs syndi ralislcs a,·cc Buchez, Corbon cl les rédacteurs de !'Atelier. Ceux qui désif'aient la concilialion, reprenaient amicalement Consid~- rant sur ses allures autoritaires. « \'ou~ a,·cz raison de Youloîrun pouvoir diclalorial, lui écrirnil Le ~lo; ne, mais il faut une dictature amicale et paternelle; le despotisme est maurnis. » Çagncur, qui organisait à celle époque le parti républicain dans le Jura, adressait les mèmes observations à Considérant. Quant aux dissidents, c'était sur un autre ton qu'ils parlaient du groupe des orthodoxes : « La constitution de cc groupe, écrivait Daurio, dans ses Ol>scri:atio11Csl'it,ques, c!:iltn\s curieuse, en ce que cc ne sont pas des membres d'un mème corps, mais des meubles cl vêlements à l'usage du luxe spirituel du chef ... C'est ainsi qu'Amédée Pagel sert de bonnet de colon, Cantagrel de fou à Sa ~lajcslé, ,\ladamc ... de marmite. (Le mème livre accusait Considérant, à propos de son mariage avec la fille de madame Vigouroux, d'a\'oir braqué le nez sur le pot-au-feu familial, cl d'èlre arri,·é au « maximum i,roport1on1wl » en plaçant le casque à mèche de l'hyménée sur le front que couvrait le casque de ~Jars); cl quant à B... , il ser,ail de vide-poche, Daly de dessinateur d'ombres chinoises, M. Dulary de porte-bannière, Pellarin de clyson ; vous, ~lui1'on, d'eunuque gardien du sérail de l'orthodoxie; celui-ci de pantounc, celui-là de porte-colon. » Les haines de secte engendrent dans tous les milieux les mèmes stupidités et les mêmes ignominies. Le milieu socialiste ne devait pas échapper à celle loi. Il n'y échappera que lorsqu'il se sera libéré de l'esprit sectaire qui anime encore un trop grand nombre de ses adhérents. ,\[algré ces querelles, le fouriérisme grandissait. Les orthodoxes, beaucoup plus nombreux que les dissidents, pouvaient dédaigner leurs attaques el porter tout leur effort su1' la propagande. A côté de la Phalange, ils avaient huit journaux en pro\'incc. Considérant élail élu, en 1843, membre du Conseil général de la Seine, cl celle élection donnait un lustre de plus à son parti. A , rai dire, le mol de parti était impropre, quoique les phalanstériens l'em• ployassent eux-mêmes, comme on l'a vu, pour désigner leur groupement. '"élail toujours, et malgré le journal quotidien, malgré l'entrée <leConsidérant dans un corps élu, une école sociale, un milieu de prnpagande el d'rssnis ae réalisation, puisqu'il n'abordait la politique que pour tirer des incidents du jour des confirmations el des arguments en faveur du système fouriériste, et non pour y pénétrer cl la modifier. La doctrine, avons-nous dit, se propageait à l'étranger : en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en Espagne, en Portugal. Les phalanslé riens du Brésil avaient un journal à Rio-de-Janeiro, le Socialista. Aux ElatsUnis, la propagande de Brisbane se mêlait à celle des sectes proleslanles qui tendaient un retour à la vie chrétienne primitive, el fondaient dans ce but

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