Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

lllSTOIHE SOCIALISTE Hl fonctionnaires publics daus 100élccl1ons, c'est \IC1cr dans son essence l'égal1lé de la lullc que nous dcl'ons rouloir tous. » Quel a\'cu de l'incapacité politique de la classe qui n·cxcr~a1 l le pou,·o,r que parce qu'elle était poun u,, de la richesse ! El •1ucllc con damnalton prononçaient conlrc eux mûmes, contre leurs él~clcur:;, ceux qui a,aicul refusé le droit de suffrage am clas,cs éclairées de la populatwn, lursquc leurs mcrnbn's ne seraient pas asse, riche, pour pa~cr <leu, ceub francs de conlribul1ons di1·cclcs ! Et comme le député n•puLltcain .\laric rut beau jeu en fictn:;...aul en cc:::.termes leur ba~sc--c:.cet t·u qualifiant d'111Ju...,t11c c qu'il:; appelaient leur politique : « Aujourd"hui, dit-il, les clecleuro, leo candidats aussi Lien que le gou,crncmcnt, sont descendus, de la ,phfrc élcl'ée dans laquelle il s étaient placés, dans l'arène des intérêts malér1cls. C'est en quelque sorte une ,ociété d'as,urancc rnuluclle entre le député et l'électeur, société dan. la quelle l'électeur confère le pou,·oir et le c1·édil à la condition qu'à son tour le député nommé, faisant usage du pournir et du crédit, rendra à l'électeur les f:n·cur, cl les places que l'électeur lui a donné le pournir d'acquérir pour lut. C'est donc 1~ une lutte qui n'est pas polihquc, c'est une lutte indu,tricllc. » « Pour combattre l'élecliou de ~I. Floret, rous a,e, carte blanche. » \"oilà le, « irn,lructions honoral,lcs » qu'on accu,ail le mini,trc de rlnll'ricu r d'a,011· cnrnyées au sous-préfet de Carpentras. dont le frè1•e, ~l. de Gél'entc, était le candidat officiel. ;\alurrllrmcnt, le ministre nia. ~lais il dcrneura acquis que le <ous-préfcl a,ait obligé un percepteur et un maire à mai·quer leur bulletin aÎln qu'o11 pOt s'as;urcr au dépouillement qu'ils a,aicnt bien rnlé. On établit au,,i que le sous-pr<1fct a,·ait don11é de l':ir(.(enl à certains clcclcurs de la part de son frère. Le comte Duchntel répliqua que c'était l'lorcl, l e candidat anltmini.léricl élu, qui a,·ait distribué de rargcnt. Plusieurs déput és demandaient qu'on poussllt plus loin l'cnquèle, le comte de Gasparin s'y opposa ,·crtucuscment, « au nom de la tranquillité publique el de la paix des familles ». .\ Embrun, sept indil'idus arnient été inscrits frauduleusement sur la liste électorale. Pour jushfier cc moyen employé au proÎII ùu can didat que Gust:He de Beaumont déclarait« flétri par l'opinion cl soutenu pa r tous les hauts fonctionnaires », le procureur du roi de Briançon a, ait ,, dé claré licites les mano,u, res de Ioule sorte», ajoutant le scandale de ses propos au scandale des actes de l'administration, L'élection de Langres s'était faite à l'a,·enant. Lli Chambre invalida Floret. Pauwels, dépulé de Langres, ayant d onné sa démission, elle la refusa, et l'invalida également. Cel effort de vertu accompli, elle rnlida l'élection d'Embrun, el se remit aux affaires jusqu'à la fin de la session. Quelques semaines après la clôture de cette session, la nou rnllc reine d'Angleterre, Victoria, venait en France passer quelques jou rs auprès de

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