Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIIS1 OIHE SOCIALISTE volontés. La FraJlCe, l'immense peuple des conso1nrnaleurs, leur dcn11l unr rançon. Le roi allait-il permeltre qu'elle pût s·) soustraire? La réunion Fulchiron décidait en outre que« chaque député de, mit •c ""'' trc en rapport a,cc le::i rcp1•é~cntanb légaux de l'indu..t.ric et <lucommcrecdan!-. sa localité, afin de leur offrir à Paris un intermédiaire et un orgauc JHJui· toutés les rcprCsentalious quïls croiraient utile <l':.idrPsscr au gou\CrtH.'Jllt1il ». Cet ordre du jour fui obéi poncluellcmcnl cl l'agilal!on menée bon train par les Chambres de comme,·ce et les Chambres consullali, es, qui se réuni,·cnl en co11grè:; à Pari::,, au restaurant Lrmanlcll~y. Lr:; l't!prè:;<•ntanb <lu (< pa)-- légal " n'étaient pas les rcprcsentanls du peuple qui tra,aille. du peuple qui ne peul racheter <1u'une faible part des produib de son lalicur, mais ceux d•· la minorité qui po::i"'édailes i11slrumcnt:; ù~ ll'a\ ail ; et, aprè:; aYoir préle\ l· l:1 part du lio'n comme capitali~tL~..,, il~ c11lcrnlaic1,t L~trc, srns co11cu1Te11re~.cul-- 1 re~endre aux tr~naillrurs le::. objet'- nécc~~airc.., ù leur suh~islnnce. « Qu'est-cc ,1u'111d1éputé aujounl'hui ~ ,, demanda il alor, l'i,•,.,-c Leroux. El il répondait : « C·c'-Lun homme qui foit ~c~ art"ain!~et crllcs de :-es <:lcclcur-.. Chaque canton élccloral e,t u11emaison de com111crec,dont le député esl k commis-\"oyageur. L'un lra,aille dans ks fers, l'autl"e dans les , ins, l'autrr <lat1b le~ :;oies ; îl en c-~t qui lnl\ aillent pour l<'s inléi-èb 1naritimrs. <·0111nH• d'autres lrarnilknt contre. l'as un député d' \bace qui 11c,cuille l'inlroduclio11 des bestiaux, un d<'pulé de :\'orma11dic qui ne la refuse, un d~pulé des pays \'ignobles qui ne demande des traités de commerce, un député des pays bois~- qui uc le~ rcpou:;se. >, Tous:--cncl, au même momrnt, 0L!Scrn1il qu'il y ::nait, pour le~ hirns <lr ln féodalité eapilalisle la 111èrne inununit,·, que jadis pour les ler11•, nohl.-s. « Les gentilshommes d'aujourd'hui paient l'impôt foncier, dit il ; mai, la plu part des propriétés de ces gc11tilshommcs, les mines. les homllèrcs. les pâturages, rc~oi1cnl de l'Etat une prime de protection pour leurs produits qui équ11aut à l'immunité du sol. Le Trésor leur rend d'une main c•' qu'il leur prend tic l'autre. » El il énumère les fiefs des « hauts baro11, modernes» : L,•s forges .-1 ks mines d'.\nzin, de Fourchambaull, de Soint-.\mond, du Saut-du-Sa bol, ri'\ lais, de la Grand'Combe, de Decall\ illc ... les forilts de }f. le comte Ho) et d•· ~f. le marquis d'.\ligre, les raffine,·ics de}[}!. Perier, Delessert, les pùluragcs à élè\'eS de ~I. le maréchal Bugeaud, les fabriques de drap de }Dl. G1·andin cl Cunio-Gridaine, tous des députés, quelques uns l,auls fonctio11naires par surcroit. C'est leur protectionnisme, dit l'écrivain fouriériste, qui « a empèché que la 1éunion de la Belgique à la France n'ait cu lieu depuis seize ans, que la France n'ait accédé au Zollverein cl réalisé par un trailé commercial l'allia11ce de l'Europe centrale, garantie de la paix universelle ». Ce sont ces hauts

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==