Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

420 IIISTOT:RE SOCIALISTE N en donnhcnt la direction à Ca1aig11ac et :l Dubosc. Cavaignac revenait ri' \lgt'ric, d"où il mail cnrnyé une série d'articles inlércssa11ls sur la nom·cllc colonie. si peu connue en France. ll<Jt,11nmcntau Journal du Peuple, à la /?erur du Prou,-t~. dl' l..oui-. Blanc. <'l ù la Herue JndéJ1et1dm1lt. li n'était plus h• Mmocratc figé d:11isle culte de la Coll\enlion qu'on avait connu en JttH. ~a frt'•(1ucntalionen ,\lg-t\rie a,cc lrs officiers sainL•simonicm, lui avait ou,·ert des horizon, nou,·ca,n. On le ,it bien au programme qu,• publia le Journal t/11 Peuple en annonçant sa lrnnsfonnalion à ses lccteu1·s. « Le trm·ailleur est abandonné à la commandite du capital pri,é, ) était. il dit ; il faut que l'Etat arri,c ici a,ec son crédit supérieur, cl le place comme un 1·,•cour, ,·nt,·e le capital pri,é et le lnnaillcur. En 80, on nationa• Jic:a le sol acrapnn~ pnr le-.; l"Îf•hcs cl 11•:-. pririlégié-"' ; nou~ disons qu'il faut. en présence du capital indu,tnrl, nalionali,rr le crédit accaparé par les p1i,i• légiés et les riches. » Le, rédadeur, ><' déclari-l'rnl tcll,·11lt'nl parti,ans de la propr1fl1'. de la famille rt du mnria!.((',qu'il-.; t·ntcnchlit•nlmrttr<' cr~ hit•ns a la porlt~t'de., tra voillcurs. Maie:;ceux ri dcH1irnl se rend!'(' digne-.; de h•ur émanripntion so cialc, èlrc aptes à en jouir pleinement cl a,·ec con•cicnce. I.e programme leur rappelait qu'à cùlé de leur, droit,. ih, a,aient d,•, dc,o,r,. :'\ou, rck,on, parmi les signataires, outre le nom de C'arnignac, ceux de Louis Blanc, 1)3\id (ri' \ngers), Esquiros, Félix P~at et Schœlcher. Faule d'ar<?enl, le Jouinal du Peu1•le quotidien ne parut que quatre mois, mais la cruelle rernn cl,c prise par Gui,ol contre l:t presse de gauche ne drHtil pas mcllro fin ù ses embarras de cc côté. En attendant. 11,ul,i,sait un g-ra\'Céchec ù ln Chambre; Yoici à quel pro pos el dans r1uclles condition, : D'a11t:111tplus fidèle ù ,a politique <l'entent<• a\'ec r.\ngleterre que le ministère Palmerston a1ait succombé au-.: assaut, n~pété, d1·-..toriC'-. Cui1ol mail enta111t'•dr., nt•go<'Îalion!->a,·ec 11• nou,·cau ministère di,·igé par Hobcrt Peel, rclati,cs au droit de , isite. Cc qui rendait intolérable aux rrançais le droit de \Îsilc pour la réprcs sion de la traite des c,cla,cs, c'est qu'il pournil être pour l',\nglctcrre un moyen de domination sur les mers. $a marine, en effet, comrait !'Allan tique. Donner aux marines des Etals d'Europe et d'.\mérique le droit d'ar rêler les na,ircs de commerce de n'importe quelle nation el de s'assurer qu'ils ne se li\Taicnt pas à la traite, c'était, pensait-on, mettre en fait aux mains de la marine anglaise un pournir dont celle ci pourrait abuser pour gêner le corn mcrcc des uations ri, ales par mille traca~~cric:;. Guizot a,·ait signé, le 20 décembre, une convention avec l'Angleterre et les autres puissances, sous réser,·e de l'approbation des Chambres françaises. Celle approbation, la Chambre des Députés la refusa ap~s une ,1,·e discussion. Mais un député ministériel, Jacques Lefèvre, sauva llls appa-

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