JllSTOJI\E SO{;l\LLSTE 411 prochain : « Qu'au lieu de s'abandonner à la tristesse et au découragement, écrivait-il à cc moment, l'homme se réjouisse de sa destinée, cl qu'il uénis,c la supr~me puissance qui la lui a faite ! Qu'il comprenne que la création n'offre d'autre mal que la limitation sans laquelle son existence serait impossible. » \u moment où les juges frappaient Lamennais, les restes de .\apoléon, ramenés de Sainte-llélène ·par le prince de Joimillc, étaient portés triom• phalement aux Inralides, dans l'acclamation uni,erselle d'un peuple qui c·omparn1t le, gloires du pa--é au, humiliations clu prc-cnt. ,an, 1oulo1r comprendre que cc présent était la rançon du passé. El qui le lui cllt fait co11lpn.~ndre? llèrangcr, J hic,~.\ iclor-Jh1go, La111cnnai~. le-. 1·étlacl•·111-.; <lu \a/ionnl, ceux même de Llldi,·r, 11'a1a1e11til:, pas à l'cn1i entrctcr,u la légende? Dans son llistoire de huit an,, écrite pourtant a,·ec le recul nécessaire, Elias Regnault n'ose loudll•r à la lcgcnùc. de )'CUr tl,• frnppe, les républicains d'un désa1eu. Racontant la translation des cendres, il parle de la « sainte mission » des em·oyés de la France chargés de recueillir le « précieux dépôt » ; il respecte la K religion des sou, enirs » qui a érigé un culte à « l'au~u,te exilé », cl note al'cr émotion l'enthousiasme des populations dau, l,• trajet <JUC fit le ,·orps sur la Scim•. du lia, rc ;'1 Courl,crnie. \lais. il d,1clare qu<' c< cc :--cntimrnt tl"admirallo11 .., , if, ~i sincère. ~i unanime, s'adressait moins au fonùateul' d'une dynastie nournllc qu'au héros qui arnit si bien compris cl si bien défendu la dignité nationale ». Le peuple, l'raimcnt, fai,ait bien de ces distinctions ! Il est I l'ai que dans cc moment, « parmi les milliers de spectateurs qui saluaient la grande ornbl'e de l'empereur, pul ne donna un sou,enir n.uprincr, son I\C\C'U, qui, à quelques lieues plus loin, languissait dans une prison ». 11 est non moins vrai qu'en juin de cette année-là, a\'ant de tenter son coup de Boulogne, le prétendant al'ail essayé en l'ain d'intéresser les républicains à sa cause, et que Frédcric Degeorge, chargé par le l\"ationa/ d'aller à Londres entendre ses ouvertures, avait répondu à son affirmation de l'impossibilité de la république et de la nécessité de l'empire : « Puisqu'il en est ainsi, nous I ous recevrons à coups de fusil. » De son côté, dans la Revue du Pro(Jrès, Louis Blanc avait, au même moment, répudié, en ces termes, le bonapartisme di nastique, en répon8e à la brochure du prince, les ldtcs napoléoniennes : « \'ous nous proposez ce qui fut l'œuvre de votre oncle, moins la guel're ? Ah ! monsieur. mais c'est le despotisme moins la gloire, c'est le scri·ilisme des COUl'Smoins lrs cxal talions de la l'ictoire, ce sont les grands seigneurs tout comcrts de broderies moins les soldats tout couverts de cicatrices, cc sont les courtisans sur nos lêlee moins l'Europe à nos pieds ... » L'Europe à nos pieds, la gloire, la victoire, ,·oilà ce que r~rnit le p('uple.
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