Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IJJSrülHE SOCIALl:::ïn, dans celle journée du 15 décembre, en regardant passer, sous l'Arc de lrlomphe ou toul cela èlmt 11H,cnl, 1'1111périalcorlt.·ge où Louis Philipp .. Jouait le rôle du maîlrc des cérémonies bien plus que de l'héritier. Aprôs avoir donné celle satisfaction aux rê,es de gloire, Je roi s'appliqua à en donner de plus grandes /J une puis<ance plus immédiate, cl dont Je concours lui était néccss"uc pour lc111rles foules dans la soumission à l'ordre établi. Et aux félicitations que, le l" jnmicr· lMI, l'archevêque de Paris, .\ffre, lui apportait au rrorn de son clergé, Louis Philippe répondait, err parlarrt des de,oirs de son gou,erncment : « Je mets au premier rang de ces d,·,oirs celui de faire chérir la rclrgron, de comballre l'immoralité el de montrer au monde, quoi qu'en aient drl les détracteurs de la France, que le respect de la rchgion, de la morale cl de la \'erlu est encore parmr nous le sentiment de l'immense majorité. » ,1. Thureau-Oangin, en se reportant à cc discours, constate avec joie le « chcrnin fnit drpui~ r1' l1•11drmn.in,Ir- 1~:}()oü le ~oun•rain n'ol;',ait m4'm1.• plui.. prono11ccr le mol dl• Pro, 1dt•111•, ,, f)11·c11 clail-il de:-; ,p11ti1111·11l:, n.·t•h Ju rui : Jc1 enrore, !'>i'il faut en 1-rmré Proudhon, qui tient cc renseignement du pôre de ~I. de Schonen, un « ami 111ll111•' dl J .ouh 1 •Jiilippr », celui ri aurait fait ù !'choncn, cette confidr11("c : • Je suis athée cl matériali,le. » Proudhon. là dessus, s'écrie : « Eh bien ! qui est-ce qui flagorne le clergé ? » cl il ajoute : « Tout le monde, à Paris, méprise Louis Philippe, oui, tout le monde. Toul le monde a un fnil de lési11c11••, ù'hypo<"rÎ-;1c. de lnn--sc~,c dég01ltm1lc. de noîrcrur ù rai:ontcr. rnul le monde. >> Louis-Phrlippe croyait rr.m aux dogmes ùc la rcligrorr, mais à ,u puissance disciplinaire, cL résolu à gouverner en réaction, il employait, celle puissance, tout en l'augmentant des concessions que lui faisail son gou,ernemenL. Au mépris des lois, Lacordaire arborait, cc carêmo-là, l'habit du dominicain dans la chaire de Notre-Dame et réorganisait publiquement un ordre qui P.'twnîtaucuur C'xi~tcncr l,~~alc. t 0111111,, \lonlalemhcrt, Lacordaire n'avait gardé de son contact a,ec Lamennais que ce que l'Eglise en avait reconnu ulile à sa cause : la lrbcrté d'association cl d'enseignement, c'est-à-dire liberté pour les congrégations religieuses el pour les écoles con!(réganisles, la liberté de l'erreur n'ayant jamais été admise par le catholicisme que comme une concession temporaire imposée par la rorce des choses. Il ne s'était pas séparé sans une profonde douleur de celui qui l'arnit dominé de loule la hauteur cl de toute la force d'un esprit supérieur. li arnil étf, au moment de quiller Lamennais, déchirf « par les tourrMnts de la conscience qui lutte contre le génie ». En se séparant de lui, il lui écrivait ces lignes qui tracent, dans certains esprits, la démarcation du sentiment et de la raison : • Peut-être vos opinions sont plus justes el plus prolondea,

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